Mise en avant

Manifestation de l’appartenance religieuse et investiture politique : décryptage

Ce qu’il y avait à dire et à constater pour nourrir la réflexion est désormais sur la table du débat public. Malgré cela, il semble que la question de l’investiture LREM de cette candidate de La République en Marche qui co-préside une association d’imprégnation clairement islamiste et arbore un hijab sur une affiche électorale ne soit toujours pas résolue. A défaut d’éclaircissement politique pour l’heure, il nous semble utile de revenir un peu plus avant sur l’ordonnancement juridique et les éléments de langage présentés ex cathedra comme des arguments techniques par les idiots utiles de l’islamisme. Nous avons donc souhaité faire le  point.

1. Le Conseil d’État n’a jamais interdit aux partis politiques la pleine maîtrise de ses investitures

A) Le Conseil d’Etat s’est prononcé sur la liberté des candidats (…)

– A titre liminaire, il convient d’évacuer une bonne fois pour toutes une ineptie qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux : au nom de la liberté de conscience, la jurisprudence du Conseil d’État obligerait prétendument La République en Marche à laisser sa candidate se présenter arborant un signe religieux ostentatoire. Il s’agit en réalité d’une grossière déformation de la portée d’un arrêt rendu par la Haute Assemblée dans le cadre d’un recours qui visait le parti Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et la validité d’une de ses listes incluant une candidate voilée lors des élections régionales de mars 2010. Dans cette affaire, l’association AWSA FRANCE soutenait à l’appui de son recours en annulation des élections, que la présence d’un signe ostensible religieux portait atteinte aux principes constitutionnels de liberté de conscience et de laïcité, ainsi qu’à la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905. Plus exactement, AWSA FRANCE soulevait une Question prioritaire de Constitutionnalité visant notamment les articles L.340 et L.350 du Code électoral, en ce qu’ils n’édictent aucune interdiction de se porter candidat lorsque l’on fait ouvertement état de ses convictions religieuses.

– Le rejet de ce recours était dès lors très prévisible, puisqu’aucune disposition de nature constitutionnelle ou légale, ne fait interdiction à un candidat aux élections politiques de faire état d’une appartenance religieuse et même, de promouvoir s’il le souhaite, le fait religieux dans l’espace du débat politique (s’agissant des élections professionnelles en droit du travail et en droit de la fonction publique, cette question est plus délicate quoique passionnante). Le Conseil d’Etat a ainsi jugé que « la circonstance qu’un candidat à une élection affiche son appartenance à une religion est sans incidence sur la liberté de choix des électeurs et ne met pas en cause l’indépendance des élus ; aucune norme constitutionnelle, et notamment pas le principe de laïcité, n’impose que soient exclues du droit de se porter candidates à des élections des personnes qui entendraient, à l’occasion de cette candidature, faire état de leurs convictions religieuses. (Conseil d’État, 4ème & 5ème sous-sections réunies, 23 décembre 2010, n° 337899).

B) … mais certainement pas sur la liberté des partis politiques

– La question de la légalité du retrait d’une investiture à un candidat par un parti politique, au nom d’une incompatibilité de valeurs et de positions que ce parti entend défendre à l’occasion d’une élection, n’est par conséquent absolument pas tranchée par le Conseil d’Etat. 

En d’autres termes, ce n’est pas parce que rien n’interdit aux candidats à une élection politique d’arborer un signe religieux ou même de pratiquer le prosélytisme religieux que cela transforme en règle et en obligation pour les partis politiques, de devoir accepter en leur sein et à l’occasion d’un campagne électorale ou de l’exercice d’un mandat électif par leurs membres, de telles expressions de prosélytisme religieux. Cette déformation grossière de la position du Conseil d’Etat a pourtant été reprise en boucle par certains médias, intellectuels et acteurs politiques, en parfaite méconnaissance du droit.

2. Le refus ou le retrait d’une investiture à raison d’un prosélytisme religieux ou d’une incompatibilité de valeurs du candidat avec son parti ne constitue pas en soi une discrimination

A) Le parti politique est une association qui n’est pas exempte de contrôle judiciaire

– Consacrée en tant que Principe fondamental reconnu par les lois de la République depuis une décision du Conseil Constitutionnel de 1971, la liberté d’association implique le droit de constituer, d’adhérer ou de refuser d’adhérer à une association. Cette liberté se concrétise par le contrat associatif, librement consenti par ses membres : les statuts. Ces derniers, tout comme les décisions d’un parti politique, peuvent faire l’objet d’un recours devant le juge judiciaire. 

Dans le principe, rien ne s’oppose donc à ce que soit imputé à une organisation politique le délit de discrimination prévu et réprimé par les articles 225-1 et 2 du Code pénal. Tel pourrait par exemple être le cas d’une discrimination à l’embauche dans le cadre d’une relation de travail impliquant un parti politique, ou même du refus injustifié d’adhésion en qualité de simple membre, en raison d’un motif discriminant prohibé. De même et en pratique, la responsabilité civile d’un parti politique peut, à l’instar de toute association, être recherchée sur le fondement du droit commun et des dispositions de l’ancien article 1382, devenu l’article 1240 du Code civil. De ce point de vue, le refus ou la suppression d’une investiture en raison de la seule appartenance religieuse ou ethnique, seraient susceptibles de caractériser une faute civile ouvrant droit à réparation, à condition néanmoins de démontrer qu’ils constituent un manquement. 

B) La discrimination pénalement répréhensible est d’interprétation stricte. Tout autre est la question de savoir si le refus ou le retrait d’investiture d’un candidat en raison de sa manifestation d’appartenance religieuse constitue en droit le délit de discrimination.

– Au préalable, il convient d’évacuer l’argument selon lequel la liberté d’association pourrait être invoquée comme moyen d’échapper à des poursuites répressives sur le fondement de l’article 223-3 4°) du Code pénal, comme l’ont pourtant prétendu ces derniers jours plusieurs juristes : en effet, cet article vise exclusivement la discrimination à raison du sexe et non celle qui procède de l’appartenance religieuse.

– Ensuite, s’il est vrai que la Loi n°2008-496 du 27 mai 2008 consacre une adaptation législative du Droit communautaire – et notamment celle des discriminations indirectes -, ce dispositif ne s’applique qu’à la matière civile : en droit pénal, seules les discriminations directes peuvent faire l’objet de répression. 

■ La discrimination se caractérise par des comportements limitativement énumérés 

– Il est important de rappeler que la loi pénale est d’interprétation stricte. En ce sens, à défaut d’un autre texte, seuls les agissements limitativement énumérés par les articles 225-1 et 2 du Code pénal peuvent être réprimés. Or, certes, d’une part, l’article 225-1 du Code pénal définit la discrimination comme toute distinction opérée entre personnes physiques sur le fondement d’une énumération de critères, dont l’appartenance religieuse, vraie ou supposée. Mais, d’autre part, cette distinction fondée sur cet item d’appartenance religieuse ne saurait en outre être réprimée qu’à l’occasion d’un agissement visé par l’article 225-2 du même Code

– Sont limitativement visés les comportements ci-après : 

1) Refuser la fourniture d’un bien ou d’un service ; 

2) Entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque ;

3) Refuser d’embaucher, à sanctionner ou à licencier une personne ;

4) Subordonner la fourniture d’un bien ou d’un service à une condition fondée sur l’un des éléments visés à l’article 225-1ou prévue aux articles 225-1-1 ou 225-1-2;

5) Subordonner une offre d’emploi, une demande de stage ou une période de formation en entreprise à une condition fondée sur l’un des éléments visés à l’article 225-1 ou prévue aux articles 225-1-1 ou 225-1-2 ;

6) Refuser d’accepter une personne à l’un des stages visés par le 2° de l’article L.412-8 du code de la sécurité sociale.

– Dès lors, tout comportement qui ne serait pas listé par cet article ne saurait donner lieu à condamnation pénale sur ce fondement : c’est en ce sens qu’il a été jugé, par exemple, que le fait de donner, même de mauvaise foi et dans un dessein purement discriminant, des renseignements mensongèrement dégradants sur un salarié à un cabinet de recrutement, ne constitue pas le délit de discrimination prévu et réprimé par les articles 225-1et 2 du Code pénal (CA Paris, 26 octobre 1995, chambre 11, section B, n°3692-95). 

– Qu’en serait-il, alors, du refus ou du retrait d’une investiture politique ? Une fiction juridique pourrait laisser penser que l’agissement se rapprochant le plus d’un tel refus ou retrait serait le fait de refuser ou conditionner la fourniture 《d’un bien ou d’un service》visé par l’article 225-2 1°). Mais est-ce sérieusement envisageable ? 

Il est vrai que la notion de fourniture de bien ou service visée par le Code pénal est large. Elle s’entend de toute convention ayant cet objet, soit tout d’abord de la quasi-totalité des activités économiques. Elle recouvre également selon la Doctrine,  toutes les choses susceptibles d’être l’objet d’un droit et qui représentent une valeur pécuniaire ou un avantage (CA Paris, 12 novembre 1974, D.1974, p.471, note Foulon-Piganiol), sans distinction entre les actes à titre gratuit ou onéreux.)

– Pour autant, l’investiture d’un parti politique se distingue de la notion de fourniture de service. L’investiture scelle une convergence de vues entre un candidat à une élection politique et un parti qui décide de lui apporter son soutien. Elle est davantage un acte qui repose sur un intuitu personae réciproque et participe de la vie démocratique. En ce sens, l’investiture d’un parti concrétise une visée commune, politique et collective, plus que l’expression d’un droit ou d’un avantage individuel. Cette lecture de l’article 225-2 est d’autant plus pertinente que la jurisprudence illustre avec quelle sévérité s’opère l’interprétation stricte de cet article : sous l’empire des dispositions antérieures n’incluant pas le refus d’accès au stage en tant que comportement relevant de l’article 225-2, il avait ainsi été jugé qu’un refus de stage opposé pour un motif discriminatoire (en l’espèce l’appartenance ethnique vraie ou supposée) ne constitue pas le délit de discrimination, lorsque ce refus fait suite à une candidature spontanée et non à une offre préalable : seul peut refuser de fournir un bien ou un service au sens de l’article 225-2, celui qui a pris l’initiative de le fournir ou de l’offrir (CA Montpellier, 3ème chambre correctionnelle, 17 février 2000, n°99-01324). 

– Par conséquent et même si cette hypothèse n’a pas à notre connaissance été tranchée, il est fort peu probable que le juge considère que l’investiture politique d’un parti constitue une offre de service ouverte indistinctement à tous et accepte, ce faisant, d’analyser un refus ou retrait d’investiture comme susceptible de caractériser le délit de discrimination.

– Au demeurant, en application du même principe d’interprétation stricte de la loi pénale, la chambre criminelle refuse d’analyser l’exclusion d’une personne d’une liste électorale en raison de son origine, comme constituant une entrave à l’exercice normal d’une activité économique, ce qui aurait également pu motiver une condamnation sur le fondement de l’article 225-2 2°  du Code pénal :  la Cour de cassation a ici jugé expressément que  l’exercice d’un mandat électif, fût-il assorti du versement à l’élu d’une indemnité, ne constitue pas une activité économique au sens de l’article 225-2 2° du Code pénal (Cass. crim. 22 novembre 2011, n°10-87805).

■ La discrimination implique un motif… discriminatoire

– La disparition en droit positif du motif légitime autorisant à se prévaloir d’un fait justificatif en matière de discrimination n’empêche nullement de faire valoir que le motif à l’origine de sa décision est légitime, à la condition que ce dernier en soit le motif réel et exclusif. Or, ce n’est pas tant la question de l’appartenance religieuse d’une candidate qui est ici en débat, mais celle, d’une part de la manifestation de cette appartenance dans le champ du débat politique et d’autre part, de la compatibilité d’un engagement personnel avec les valeurs d’un parti politique. 

– Outre le fait qu’au sens de l’article 225-2, l’appartenance religieuse ne saurait se confondre avec sa manifestation, nonobstant la consécration de la liberté fondamentale relative de l’article 9 paragraphe 2 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’homme et des libertés fondamentales, l’exercice de ses droits politiques par un parti implique le choix de ses investitures en parfaite correspondance de ses valeurs et de sa ligne.

Ce motif peut donc tout à fait être invoqué devant le juge pénal. A titre d’exemple, la Cour d’appel de Lyon a  confirmé en tout point le raisonnement du juge de premier degré qui avait considéré que  le fonctionnement des partis politiques est, en démocratie, essentiellement libre, aucun parti politique n’ayant à rendre compte, sinon devant ses militants et in fine devant ses électeurs, du choix de ses candidats, que le juge judiciaire ou administratif n’a pas à apprécier la présence ou l’absence de tel ou tel candidat sur une liste électorale, qu’en sa qualité de maire d’une ville de plus de 10. 000 habitants, présentant la particularité de réunir des milliers d’habitants de confessions et d’origines diverses, et compte tenu de son engagement personnel et de la part prise par celui-ci dans l’élaboration de la loi déclarative du 29 janvier 2001 (article unique : la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915), il appartenait à M. Y… de veiller à ce que ses éventuels colistiers aient une position claire et dénuée de toute ambiguïté sur la question du génocide arménien, que sa connaissance prise ultérieurement de la participation de Mme X…-A… à la manifestation controversée du 18 mars 2006, organisée par le Comité de Coordination des Associations Turques de la Région Lyonnaise contre l’inauguration d’un mémorial arménien à Lyon, démontrait la légitimité de son « interrogation » relative à la position de celle-ci vis à vis du génocide arménien 

– En l’espèce actuelle, la manifestation d’une appartenance religieuse dans le champ du débat politique peut constituer un motif légitime de refus d’investiture, dès lors que le parti La République en Marche est libre d’accepter ou de refuser cette expression dans le cadre de son activité politique. 

– Par surcroît, ce motif pourra être complété du doute légitime quant aux positions de sa candidate et à leur compatibilité avec les valeurs et la ligne du parti, au regard de l’engagement associatif de cette dernière, à savoir la fondation et la direction d’un mouvement clairement d’inspiration islamiste promouvant les fondamentaux de cette idéologie en Occident et menant cette activité notoirement aux côtés de prédicateurs radicaux, comme l’illustre la participation de l’association Tabassam en mars 2016, à un événement impliquant des prédicateurs tels qu’Hani Ramadan, Hassan Iquioussen, ou encore Abdallah Ben Mansour, qui n’est autre que le cofondateur de l’UOIF dont il a été secrétaire général et l’ancien président de la FIOE (Federal Of  islamic organisation in Europe), ce dernier ayant participé à ce titre aux congrès du Conseil européen de la Fatwa  (European Council for Fatwa and Research, ou ECFR),  organisation par excellence des Frères musulmans en Europe.

3. L’affirmation ou la neutralisation du fait religieux dans le champ de son expression politique relève d’une liberté constitutionnelle dont disposent les partis politiques

– En l’état du droit positif, il a été à maintes reprises rappelé, notamment à l’occasion du débat entourant les  listes communautaires, qu’il n’est pas possible d’interdire à un parti ou un candidat à une élection politique d’introduire le fait religieux dans son expression ou même son projet. Libre donc au NPA ou au PJD de faire campagne sur ce thème. 

– L’inverse est également vrai : le parti politique est libre de proscrire du rang de ses candidats ou de ses membres exerçant un mandat, les personnes dont la manifestation d’une conviction politique, philosophique ou religieuse, serait incompatible avec les valeurs qu’il entend défendre et sa ligne.

– Cette liberté est consacrée par l’article 4 de la Constitution, en vertu duquel les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage, se forment et exercent leurs activités librement et doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Cette liberté participant à l’exercice de la souveraineté nationale, il est traditionnellement admis que les juges administratif et judiciaire se gardent d’un rôle excessif qui pourrait s’analyser en une forme de contrôle des lignes politiques et d’ingérence dans le débat démocratique. 

– Par conséquent, au-delà de la seule analyse statutaire et d’une recherche exégétique d’un motif de retrait ou de refus d’investiture dans les seuls statuts de La République en Marche, il nous semble bien que, libre de définir sa ligne politique, ce mouvement peut tout à fait choisir de retirer son soutien à cette candidate, cela d’autant plus au regard des récentes prises de position de la majorité parlementaire et de textes qu’elle a adoptés : à cet égard, la lutte contre le séparatisme constituant désormais une ligne affichée et donc connue de tous, il fait sens que cette ligne peut difficilement être compatible avec l’appartenance à un mouvement topique de l’islam politique.

A propos de notre communiqué

Depuis trois jours, l’Observatoire de la laïcité, que #Reseau1905 n’a absolument pas mis en cause dans son communiqué, semble prendre aveuglément fait et cause pour ses partenaires Coexister et ETIC, en n’hésitant pas à attaquer tous azimuts les associations laïques qui lui remontent des faits qui sont pourtant inacceptables. En se satisfaisant de certains soutiens très peu recommandables, sans que jamais ne soient abordées les raisons qui ont amené notre association à interpeller les plus hautes autorités, il nous semble que l’Observatoire tente le tout pour le tout, afin d’éviter d’aborder le sujet à propos duquel nous avons décidé d’interpeller le gouvernement et le président de la République. Ce sujet est la participation de partenaires réguliers de l’Observatoire, à une action de financement d’un centre cultuel et culturel qui n’hésite pas à inviter et relayer sur les réseaux sociaux les pires figures de l’islamisme, dont un appelant régulièrement au djihad armé.
L’Observatoire de la laïcité aurait à tout le moins pu, au regard de la gravité des faits et de leur évidence, prendre ses distances et marquer au moins, pour le principe, sa réprobation pour cette idéologie à l’origine des malheurs d’une partie du monde, d’une partie de la jeunesse et qui pollue le quotidien des musulmans comme celui des non musulmans. Au lieu de cela, l’Observatoire de la laïcité préfère s’affranchir de cette élémentaire prudence, évoquer ses travaux qui ne sont pas ici en cause, décerner à nos concitoyens des bons ou mauvais points, sous les encouragements de certaines personnes ou certains organismes controversés, comme l’organisation salafiste Dômes et Minarets. Cela sans aucun dialogue, aucune remise en cause, aucune explication sur les FAITS.
Nous allons donc poursuivre la démarche initiée et continuer ce travail de veille que nous menons depuis 4 ans.
A #Reseau1905, nous pensons que notre diversité humaine, politique, philosophique et même culturelle est une formidable richesse qui anime ce collectif depuis sa création. Ce qui nous tient à coeur est la défense des valeurs républicaines et de la laïcité que nous concevons dans son acception juridique autant que philosophique. Divers par nos parcours et nos chemins, nous refusons toute forme d’essentialisme. Nous acceptons de travailler et d’échanger avec les élus de la majorité comme de l’opposition, car nous savons bien, qu’aujourd’hui, c’est l’ensemble des formations politiques qui sont en tension sur le sujet de la laïcité et de l’entrisme du fondamentalisme.
A ce propos, nous souhaitons préciser, à la lecture des nombreuses réactions qui fusent depuis trois jours, que ce que nous dénonçons pour un centre salafiste, nous l’aurions fait pour une église évangéliste, un mouvement intégriste catholique ou n’importe quelle forme d’entrisme d’un intégrisme religieux. Si nous sommes amenés à nous inquiéter plus régulièrement du fondamentalisme islamiste, ce n’est pas par choix idéologique ni par passion, mais bien parce que depuis de nombreuses années, c’est ce fondamentalisme qui bénéficie le plus de la compromission de certains élus et du renoncement à refuser l’inacceptable. A cet égard, on connait peu d’organisations d’extrême-droite ou catholiques identitaires, qui bénéficieraient d’un soutien aussi affiché de mairies, de préfectures, d’entreprises publiques et même, le comble, d’un Observatoire de la laïcité. Cette situation délétère doit être endiguée, faute de quoi, l’extrémisme et la violence qui menacent nos concitoyens de toutes origines, croyances et convictions, n’en seront que renforcés.
Par conséquent, nous comprenons mal les réactions des responsables de cette commission consultative.

Communiqué

La polémique qui est née depuis quelques jours de la publication d’un tweet par Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, a conduit de fil en aiguille à dévoiler le contexte dans lequel une mosquée fréro-salafiste située à Mitry-Mory en Seine-et-Marne, a pu bénéficier de multiples appuis, dont ceux de partenaires dudit l’Observatoire de la laïcité.
Ces faits sont extrêmement graves et méritent que l’on s’y attarde.
A titre préliminaire, entendons-nous tout de suite sur ce qu’il s’agit de pointer du doigt : chacun est responsable de ses actes. L’Observatoire de la laïcité, n’est évidemment pas impliqué dans le financement de cette mosquée.
Ce qui en revanche pose problème, est la participation et l’implication directe de certains des partenaires habituels de l’Observatoire, dans une action de financement de cette mosquée dite « des Lumières », qui s’avère être en réalité un projet pilote de centre socioculturel et cultuel, dont l’ambition est d’ancrer dans la cité l’idéologie des Frères musulmans, bien au-delà de la seule prière.
Il faut pour prendre la juste mesure des choses, rappeler que le compte Facebook de cette mosquée diffusait encore, le 17 mai dernier, une intervention du cheikh mauritanien Mohamed Hassan Dedew, bien connu pour ses appels au djihad armé, son antisémitisme, et ses tutoriels expliquant par le détail comment un homme a l’obligation de battre sa femme et de quelle manière il doit s’y prendre. Dedew, comme son mentor Youssef Al Qaradawi, appartient à l’Union mondiale des savants musulmans, organisme éminemment fréro-salafiste. Il participe à la diffusion en Afrique et dans le monde, de l’idéologie à l’origine du terrorisme et des actions d’horreur dans lesquelles tombent nos soldats et nos concitoyens, en justifiant religieusement les attentats suicide. Ces faits sont publics et si le Centre des Lumières s’est aussitôt empressé de supprimer ses publications, celles-ci ont été photographiées et filmées par des centaines de citoyens éberlués de constater qu’il était possible de diffuser en toute impunité les interventions d’un tel personnage.

Capture d’écran de la conférence publiée le 17 mai sur la page du « Centre des Lumières » intervention de Cheikh Dedew

Il faut également, pour comprendre de quoi l’on parle, souligner que la mosquée ou « Centre des Lumières » dont il s’agit, invite régulièrement toute la sphère fréro-salafiste, de messieurs Iquioussen, pour qui les attentats sont des «pseudo attentats », jusqu’à Mohamed Bajrafil, disciple du susnommé Youssef Al Qaradawi, lequel encourage et justifie lui-même le terrorisme, l’élimination des juifs, et qui est même allé jusqu’à se demander publiquement, qui du passif ou de l’actif doit être châtié pour éradiquer l’homosexualité de la planète. Mohamed Bajrafil était d’ailleurs présent à cette soirée de levée de fonds, tout sourire. Pour mémoire, celui-ci n’avait pas hésité à prendre la défense de son mentor Qaradawi, y compris s’agissant de ses envolées antisémites, dont Bajrafil n’hésite pas à minimiser la portée. Encore une fois, ces faits sont publics.

Hassan Iquioussen


Par conséquent, voir madame Rose Ameziane – qui est la présidente de l’association ETIC, partenaire officiel de l’Observatoire de la laïcité, en charge d’une mission au nom et pour le compte du gouvernement -, oeuvrer activement au financement de cette mosquée, en allant jusqu’à co-animer une soirée de gala, en novembre 2016, dont l’objet affiché était la récolte de fonds pour ce centre qui contribue à diffuser en France la doctrine de Al Qaradawi et de Dedew, pose un sérieux problème, qui dépasse largement celui du strict cadre de la laïcité.

Rose Ameziane au dîner de gala, capture d’écran video


Lorsque, par ailleurs, on apprend que l’association Coexister, un des principaux partenaires de l’Observatoire de la laïcité, laquelle intervient quotidiennement dans nos écoles, nos collèges et lycées, ainsi que dans les administrations et les entreprises publiques, a également participé activement, par la voix de sa vice-présidente d’alors, à cette soirée de levée de fonds, cela pose encore un très sérieux problème.
Quand on découvre que le recteur de la mosquée de Mitry-Mory et un des principaux intervenants dans cette levée de fonds aux côtés de madame Ameziane et de Coexister, n’est autre qu’Omar Dourmane, on ne peut qu’être scandalisés. Rose Ameziane, représentante de ETIC, et Coexister collaborent très officiellement et régulièrement avec l’Observatoire de la laïcité dans le cadre de partenariats et bénéficient du soutien de cette émanation du gouvernement en charge de défendre le principe de laïcité, et de conseiller le Premier ministre sur cette question.
Ici encore, il est totalement impossible de passer sous silence le profil d’Omar Dourmane, que cette mosquée présente elle-même comme membre de l’Union mondiale des savants musulmans, précisément, l’organisation précitée, dont les éminents membres sont Youssef Al Qaradawi et Mohamed Hassan Dedew.
Il suffit de se pencher sur les écrits de cet homme qui se présente comme « professeur des sciences islamiques » et qui officie en tant qu’imam dans de nombreuses mosquées de la région parisienne :
« (…) un croyant ne devrait pas tuer un croyant sauf en cas d’erreur ».
« il n’y a pas de religion établie sans la présence d’êtres humains et seulement de ceux qui sont religieux »
« il n’est pas permis à une personne de tuer un être humain sans culpabilité ni preuve d’un livre clair ».
Bref, on est ici bien loin de la façade que ce centre affiche et qui lui permet de donner le change, en prétendant contribuer – le comble – à la promotion des valeurs républicaines.
Ce qui est marquant dans cette affaire, est qu’elle est emblématique de l’ensemble des dysfonctionnements que nous dénonçons depuis quatre ans et que d’autres avant nous dénonçaient déjà.

Dans cette séquence, tout ou presque est là : clientélisme effréné d’une élue locale et de sa majorité qui aboutit à l’acquisition d’un terrain de plus de 10.500 mètres carrés – situé à proximité de l’aéroport de Roissy – pour la somme dérisoire de 800.000 euros ; encouragements d’acteurs institutionnels comme la préfecture de Seine-et-Marne, qui de l’aveu des organisateurs de cette soirée de gala, demande à cette mosquée de conseiller les autres dans la gestion de leurs projets ; aide financière ou indirecte apportée par des entreprises publiques ou para-publiques, comme ici encore de l’aveu même des initiateurs du projet, cela a été le cas de Keolis, dont on rappellera que les actionnaires majoritaires sont la SNCF et la RATP.
Le vivre-ensemble, concept dont nous contestons la pertinence à #Reseau1905, de même que le multiculturalisme, le coexistentialisme, démontrent à l’épreuve des faits que loin d’être des défenses utiles au service de la paix et de l’harmonie de la collectivité, se révèlent en réalité comme de terribles armes par destination, qui se retournent invariablement contre ce que nous avons de plus cher.
Car à n’en pas douter, si la laïcité et le souci de préserver les valeurs republicaines n’avaient pas été dévoyés dans cette affaire, jamais une telle situation n’aurait été rendue possible.
Au regard de la gravité de ces faits, nous demandons à Madame la ministre déléguée Marlène Schiappa, à Monsieur le Premier ministre Jean Castex, ainsi qu’à Monsieur le président de la République Emmanuel Macron, de condamner sans réserve la promotion d’idéologies aussi mortifères, et nous leur demandons, pour ce faire, d’exiger de l’Observatoire de la laïcité qu’il mette immédiatement un terme aux partenariats qu’il souscrit avec l’association Coexister et l’association ETIC. C’est le minimum.
Dans les jours à venir, nous adresserons très officiellement un courrier en ce sens à l’attention de ces ministres et du président de la République. Ce courrier sera accompagné de l’ensemble des éléments venant à son appui et qui ont d’ores et déjà été rendus publics. Il sera publié à l’attention de tous. Il en va désormais de la confiance que portent les citoyens dans les institutions de la République.

Cheikh Dedew

Ambassade de Nouvelle-Zélande Paris 18 mars

En Nouvelle-Zélande à Christchurch, un terroriste suprémaciste blanc a tué dans deux mosquées 50 personnes réunies dans la prière du vendredi. Des musulmans qui, pour certains, avaient fui leur pays en guerre pour trouver refuge aux antipodes, là où ils pouvaient prier en paix. 

Cet attentat anti-musulman de Nouvelle-Zélande a été commis au nom d’une idéologie totalitaire qui repose sur la haine et l’obsession de la « pureté ».
C’est malheureusement ces mêmes raisons qui ont motivé les attentats qui ont ensanglanté la France : l’élimination de ceux qui ne partagent pas la même croyance, la même culture, la même vison du monde. 

Lutter contre l’obscurantisme et la défense des droits universels

#Reseau1905 rappelle que la lutte contre l’obscurantisme et la défense des droits universels sont plus que jamais au coeur des combats idéologiques à mener contre le suprémacisme blanc comme la barbarie islamiste. Ces deux faces d’une même pièce n’ont de cesse de monter les peuples les uns contre les autres pour instaurer leur totalitarisme dans la violence. 

Dans ces heures sombres pour la Nouvelle-Zélande et le reste du monde, en France, nous ne pouvons que nous consoler en rappelant que malgré les 300 victimes françaises tuées par le terrorisme islamiste, le peuple de France n’a jamais succombé à la tentation de la vengeance et de la violence. Parce que les Français n’ont jamais confondu leurs concitoyens musulmans humanistes et les tueurs, parce qu’ils sont profondément attachés à leurs institutions démocratiques et font confiance à la justice de leur pays. 

#Reseau1905 continuera à dénoncer tous ceux qui tentent, sous couvert de respect des différences ou d’élimination des différences, à cultiver le terreau qui nourrit une vision totalitaire de la société et peut mener au pire. 

Frédéric Béghin : laïcité et école, un constat alarmant

Le 12 janvier dernier, #Reseau1905 et l’OLSD (Observatoire de la laïcité de Saint-Denis) organisaient à Saint-Denis une journée-événement « L’Universalisme en questions ». 

Frédéric Béghin, journaliste et essayiste, auteur de Une prière pour l’école y dressait un constat alarmant sur la laïcité à l’école.

Zineb el Rhazoui : Soutien inconditionnel, toujours Charlie !

Les associations #Reseau1905 et Esprit Laïque ont le devoir d’initier cet appel à soutien.
Zineb el Rhazoui est honteusement harcelée et menacée.
Nous nous devons de la soutenir et de porter à la connaissance des autorités les terribles menaces qui pèsent sur elle.
Voici le texte de soutien, vous trouverez à sa fin le lien vers le site qui attend vos signatures d’engagement.
Merci de partagez  sur tous vos supports, sms, mail, Facebook et Twitter, afin d’alerter le plus de citoyens possible.
« Lorsque vous vous taisez, vous mettez en danger ceux qui parlent ». (Zineb EL RHAZOUI)

Zineb El Rhazoui a raison

OUI, Zineb El Rhazoui a raison d’affirmer que« Il faut que l’islam se soumette à la critique, qu’il se soumette à l’humour, qu’il se soumette aux lois de la République, comme toute idéologie, religion, secte (…) , au droit français. » (CNews du 14/12/2018)
Si nous voulons vraiment sauver Marianne, il faut soutenir Zineb El Rhazoui, femme libre, admirable de vitalité, d’intelligence, de courage et de dignité. Déjà menacée par des fatwas au Maroc, son pays d’origine, elle l’est également en France.
Zineb El Rhazoui vit sous protection policière permanente depuis le massacre de l’équipe de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, auquel elle a échappé.

En plus d’avoir perdu ses collègues et amis, elle doit, depuis bientôt 4 ans, affronter quotidiennement la peur pour elle et sa famille. Régulièrement insultée pour ses prises de position, Zineb El Rhazoui est, pour la deuxième fois en 3 mois, victime d’une ignoble campagne de diffamation.

zineb rhazoui, reseau1905, Zineb el Rhazoui

Soyons très nombreux à signer cet appel, à titre associatif, militant ou simplement citoyen !

Rompons le silence assourdissant !
Faisons du bruit pour dire NON aux lâches qui menacent Zineb El Rhazoui de mort, de viol et de lapidation sur les réseaux dits sociaux, comme si c’était la norme!

Ce torrent d’avanies prouve non seulement, qu’il existe bien un radicalisme, aussi violent que déviant, en libre circulation dans une frange non négligeable de la population ; mais également que Zineb El Rhazoui a raison de s’insurger.

Ce sont les valeurs françaises, républicaines et démocratiques, qui sont en jeu, au premier titre desquelles la liberté qui donne son sens à la fraternité et l’égalité, dans un cadre légal laïque qui ne reconnaît pas le blasphème.

La France a-t-elle renié ce pourquoi elle s’est levée en se disant «Charlie» le 11 janvier 2015 ?
La liberté de conscience et la liberté d’expression, ces 2 libertés fondamentales sont-elles en train d’être définitivement enterrées ?

Après tant de morts, l’islamisme, qui se fabrique aussi en France, est-il en train de remporter la partie ? Quelles leçons tirons-nous de toutes ces dates qui meurtrissent notre histoire commune ?
Hors de question d’attendre d’autres assassinats et de se recueillir ensuite autour des « martyrs de la République ».
Hors de question de pleurer puis d’oublier et de se taire, sans agir.
Hors de question de renoncer aux Lumières.

Ce qui terrasse, ce ne sont pas seulement les balles, c’est aussi l’accoutumance à l’intolérable, l’indifférence face à l’insupportable.
Le temps des prières, des bougies et des minutes de silence a fait long feu.
Dorénavant, il s’agit de nommer l’islamisme pour le dénoncer. Il s’agit d’exiger le droit à la critique et à la réflexion qui font grandir une Nation !

Soyons TRÈS NOMBREUX à témoigner auprès de Zineb el Rhazoui notre admiration ainsi que notre inconditionnel soutien!
Soyons TRÈS NOMBREUX à refuser de nous habituer !
Soyons TRÈS NOMBREUX résolus à parler, ce qui est déjà agir !
Soyons TRÈS NOMBREUX à signer cet appel !

OUI Zineb El Rhazoui a raison.

 

EDITO

Non, nous ne sommes pas d’extrême-droite identitaire, nous sommes des citoyens républicains soulagés de cette décision.
Il nous était insupportable de penser que des paroles appelant à la crucifixion des nôtres puissent être entonnées là où des compatriotes avaient été tués au nom d’une doctrine mortifère.
Nous ne voulions pas de confrontation violente, mais nous aurions été présents pour afficher notre désapprobation.
Le Bataclan n’est plus une salle comme les autres. Pour beaucoup d’entre nous ce lieu est un sanctuaire.
Et Medine va chanter ailleurs.

Le Bataclan n’est pas un ring

©Noolive

Rassemblement Annuel des Musulmans de France : le salon des compromissions

Organisé par l’UOIF – vitrine des Frères musulmans en France qui a habilement trusté le nom de « Musulmans de France » –, ce Rassemblement cristallise toutes les questions qui se posent en France en matière d’islam et d’islamisme.

Comment comprendre que Amar Lasfar, le président de Musulmans de France, invite à observer une minute de silence pour les victimes de terrorisme alors que les librairies du salon – qui ont d’ailleurs pignon sur rue à Paris ou à Lyon – proposent le pire de la littérature islamiste qui détaille par exemple comment tuer les homosexuels ?

Comment accepter que l’on y vende des ouvrages du négationniste Roger Garaudy ?

Comment se retrancher derrière la liberté d’expression quand de multiples albums destinés aux fillettes les incitent à porter le voile et sous-entendent ainsi que l’on ne peut être une bonne musulmane que voilée et « pudique » ?

Nous avons croisé des femmes en niqab et des petites filles voilées dont l’une ne devait pas avoir plus de 3 ans.

Comment se retrancher derrière la liberté d’expression quand des ouvrages indiquent comment « corriger » son épouse ?

Alors nous posons une question simple.

Accepter que se tienne un tel salon, accepter d’intervenir à un tel rassemblement qui diffuse ce type de littérature, est-ce être tolérant ou complice ?

Qu’un Raphaël Liogier ou un Vincent Geisser soient des habitués du Bourget ne nous étonne plus. Mais un haut-fonctionnaire ?

Didier Leschi a participé à la structuration du Conseil français du culte musulman. En 2004, il a été « chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur et reste aujourd’hui l’un des meilleurs connaisseurs des cultes au sein de la haute fonction publique. Pendant quatre ans, il a accompagné une série de mesures importantes pour le culte musulman, orientées vers la création d’un « islam de France » : création des aumôneries, d’une formation « laïque » des imams à l’université, construction des mosquées avec l’aide des mairies, tentative de mise sur pied d’une Fondation des œuvres de l’islam de France, etc. »[1] Aujourd’hui, il dirige l’Office français de l’Immigration et de l’intégration (OFII) et préside l’Institut européen en sciences des religions.

Au Ramf, il a été invité à un café-débat sur la laïcité dimanche 1er avril. Il a certes défendu l’argument d’une France tolérante et accueillante, en rappelant l’extraordinaire résilience de nos concitoyens après les attentats ou le nombre de lieux de culte musulmans en France.

Toute son intervention était destinée à montrer au public le sens et les vertus de notre laïcité qui respecte l’islam et les musulmans : charge d’aumôniers, ministres issus de l’immigration (Rachida Dati ou Najat Vallaud-Belkacem), le préfet ‘musulman’ nommé par Nicolas Sarkozy, la multiplication des lieux de culte grâce aux baux emphytéotiques, etc. Il a aussi rappelé que le premier acte du président Macron avait été de se rendre dès son élection, le 20 juin, à l’Iftar (repas de rupture du jeûne) organisé par le Conseil Français du culte musulman.[2]

On comprend la logique de l’opération séduction menée par le haut-fonctionnaire.

Mais quelle crédibilité lui accorder si ce représentant de l’Etat ne s’insurge pas et ne rappelle pas la loi quand, à quelques stands de lui, on peut lire que « l’homosexualité est un acte vicieux, une perversion de la nature, une plongée dans le cloaque et la saleté, une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité. (…) Est-ce qu’on tue l’actif ou le passif ? Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité. »[3]

On pourra nous opposer que l’on peut lire aussi des horreurs dans l’Ancien Testament. Sauf qu’en Syrie, ces préconisations ont été appliquées à la lettre par l’Etat islamique.

La résilience des Français face aux attentats est une chose. Mais jusqu’où ira leur résilience face à la compromission et la complaisance des autorités avec l’islamisme ?

#Reseau1905 vous proposera dans les jours qui viennent des reportages détaillés sur notre visite et les différentes conférences auxquelles nous avons assisté.

[1] https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Carnet/Didier-Leschi-nouveau-president-lInstitut-europeen-sciences-religions-2018-01-15-1200906035

[2] https://www.causeur.fr/emmanuel-macron-diner-cfcm-islam-145099

[3] Youssef Al-Qaradhawi, Le licite et l’illicite en islam, Paris, Ed. Al Qalam, 1992, rééd. 2005.

COEXISTER : défense de la laïcité ou promotion d’un œcuménisme idéologique ?

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Le vendredi 8 mars 2018 avait lieu à la Communauté Spiritaine, dans le 5e arrondissement de Paris, une conférence de l’association Coexister qui présentait la troisième édition de l’InterFaith Tour.

Qu’est-ce que Coexister ?

Coexister est une association loi 1901 qui, selon sa page Facebook[1], « est un mouvement de jeunesse apartisan et aconfessionel qui promeut la Coexistence Active en utilisant une méthode d’éducation par les pairs auprès de jeunes entre 15 et 35 ans. »

Définition très floue, qui ne permet pas vraiment de comprendre de quoi il retourne. Retenons pour l’instant que Coexister se présente comme une association qui ne revendique ni n’affiche aucune idéologie et aucune religion. Première chose que nous examinerons. Seconde chose, la « coexistence ».

Pour Coexister, la « coexistence » est « une méthode interactive qui crée du vivre-ensemble en s’appuyant sur les différences. Les différences se complètent et favorisent la compréhension de l’autre et de soi par l’interaction entre identité et altérité. ». Leur concept, donc ? La coexistence des différences identitaires, considérées comme complémentaires.

Mais de quelles « différences » est-il ici question ? « Diversité de convictions, unité dans l’action ». « Des jeunes de tous horizons culturels et de toutes convictions s’engagent pour la promotion d’une société laïque respectueuse et riche de sa diversité religieuse. ». Cela signifie que pour Coexister, une société laïque est une société de diversité religieuse. La laïcité consisterait en la coexistence de différentes religions, en tout cas des trois monothéismes. Bref, la laïcité serait l’autre nom de l’œcuménisme.

Or, que produit l’œcuménisme, en tant que principe du « vivre ensemble » ? Il produit une société quadrillée par des communautés religieuses, et non une société qui s’émancipe des identités religieuses pour proposer un cadre libre, où l’individu peut exister par lui-même, indépendamment de ses particularismes.

Car quid de ceux qui n’ont pas de religion ? De ceux qui en sortent ? De ceux qui s’en moquent ? Ils n’existent pas dans ce modèle de coexistence oecuménique. Sans même parler des athées, cette « coexistence des religions » oublie tous ceux qui refusent de se définir par leur appartenance ou leur non-appartenance religieuse. Coexister prône donc un modèle politique, c’est-à-dire une organisation de la Cité (ce qui prouve que loin d’être « apartisane », elle défend au contraire un véritable parti-pris), fondée sur la segmentation de la société en communautés religieuses vivant côte à côte. Une société qui de ce fait ne prend pas en compte ceux qui n’entendent pas se définir par le rapport qu’ils entretiennent à la religion.

Il ne s’agit pas ici de laïcité, mais de tolérance, ce qui n’est pas la même chose.

Pourquoi parlons-nous ici de tolérance ?

Appuyons-nous sur le texte de John Locke (1632-1704), philosophe anglais moderne, dont la pensée contribua à l’émergence du libéralisme. Dans sa Lettre sur la tolérance de 1690, le philosophe étudie la relation entre la cité céleste et la cité terrestre, entre le religieux et le politique. Témoin des troubles religieux et politiques qui ont marqué l’Angleterre du XVIIIème siècle, Locke réfléchit aux moyens de maintenir la paix au sein d’une société où existent plusieurs sectes protestantes. En opposition à son contemporain Thomas Hobbes (1588-1679), auteur du célèbre Léviathan, Locke pense que, pour obtenir la paix civile entre les religions, l’Etat ne doit pas se mêler des questions religieuses. Toutes les confessions, chrétiennes dans le contexte de Locke, doivent coexister au sein de la société civile. Mais ce modèle a ses limites : en sont exclus les athées (car nous dit Locke, ils ne croient pas et ne sont à ce titre pas fiables), et les catholiques qui sont « soumis » au Pape, donc à une puissance extérieure.

Le principe politique de la tolérance vise la coexistence des confessions, mais il exclut ceux qui n’en ont pas ou qui, s’ils en ont une, ne veulent pas être définis par elle. En outre, il définit les rapports sociaux par le prisme de la religion. La tolérance en tant que principe politique va à l’encontre du principe laïque, qui suppose au contraire que l’individu ne se définisse plus par sa religion (pas plus qu’il ne se définit par son sexe ou son appartenance ethnique), mais par sa raison et son libre-arbitre.

Coexister par ailleurs a recours au terme de « conviction ». Avoir des convictions, c’est considérer ses croyances comme certaines. Ainsi, nous aurions tous des convictions, des croyances auxquelles nous prêtons foi. Et il faudrait que ces croyances, ces certitudes, coexistent. Selon Coexister, l’agnosticisme, l’athéisme, seraient ainsi des convictions, au même titre que les croyances religieuses. En d’autres termes, toute thèse, toute opinion, dès lors qu’elle relève de la conviction, n’existerait en réalité, en positif ou en négatif, que par rapport à la question religieuse. Nous avons ici affaire au relativisme (tout se vaut, dès qu’il s’agit de « conviction »), à une posture idéologique et partisane qui prétend ramener à la religion toutes les positions sur le sujet, y compris celles qui nient l’existence de Dieu.

2) Qu’est-ce que l’InterFaith Tour ?

La page Facebook de l’événement[2] présente l’InterFaith Tour 2017/2018 : « De juillet 2017 à février 2018, ces jeunes de convictions différentes (juif, musulman, athée et chrétien) sont partis autour du monde à la découverte d’une centaine d’actions et d’initiatives interreligieuses. Ils ont aussi expérimenté leur quotidien en commun pendant 7 mois. Avez-vous déjà imaginé vivre 24h/24 ensemble lorsque que l’on a des pratiques et des modes de vie différents ? De mars à mai, ils entament une tournée de conférences pour témoigner de leurs expériences lors de cet incroyable voyage ! »

Ce sont 4 jeunes de convictions différentes qui partent à la recherche d’initiatives œuvrant pour le vivre-ensemble et la coopération inter-convictionnelle pendant 7 mois dans 20 pays. Leur but ? Recenser, promouvoir, connecter et créer des contenus pédagogiques. »

Nous voyons que la rhétorique néo-lockienne est de nouveau employée via l’idée de « conviction ». Nous avons déjà relevé que l’« athéisme » est considéré comme une conviction et que seuls les trois monothéismes sont représentés.

Donc, nous pouvons dire que l’InterFaith Tour est une sorte de circuit-Club Med-œcuménique-des monothéismes-et-de-l’athéisme-en-vadrouille-dans-le monde. L’athéisme y figure en tant que repoussoir, puisque le critère identitaire majeur demeure le critère religieux.

3) La conférence du 8 mars 2018

Dans la salle, des produits dérivés sont proposés à la vente.

La salle se remplit lentement, mais sûrement. Il y a du monde, la salle est pleine.

En guise d’introduction, Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister, fait un speech tout sourire, content que son association ait pu être présentée à 95.000 écoliers, collégiens et lycéens.

Il évoque ensuite le premier « exercice », petit jeu par lequel l’association débute toujours ses interventions en milieu scolaire. Il s’agit pour les élèves, face aux quatre animateurs-Coexister, de jouer aux devinettes : qui est qui ? Autrement dit, qui est le musulman, qui est le juif, le catholique et l’athée ? Le but de la manoeuvre : déjouer les préjugés… Et oui, quelle surprise : on n’a pas forcément le visage de sa religion ! Ceci pour prouver que la religion n’est pas liée à une quelconque dimension ethno-morphologique (la « race » diraient certains). En conséquence de quoi, il ne saurait exister de « racisme » envers une religion.

Il est fort louable que Coexister nous apprenne ainsi que le racisme anti religieux n’est pas possible.

Après cette mise en bouche, le cœur de sujet : la troisième édition du tour du monde « interconvictionnel ». Un musulman, un catholique, une juive et une athée ont donc parcouru 20 pays différents (deux semaines par pays), rencontrant des gens qui pratiquent « l’interconvictionnalité ». Découvertes, regards croisés sur les initiatives de dialogues inter religieux et inter communautaires.

Notre quatuor en a rapporté des petits films, des interviews et des souvenirs de voyage rigolos. Dans une ambiance extatique tout à fait comparable à celle qui caractérise les cultes évangélistes américains, les protagonistes nous relatent une série d’anecdotes, pittoresques et plus ou moins intéressantes.

Quels pays ont-ils parcourus ? S’agit-il de pays où des minorités sont discriminées, persécutées en raison de leur religion ou de leur athéisme ? Non. Pas de Maghreb, pas d’Afrique subsaharienne, pas d’Asie centrale.

En revanche, les USA, le Mexique, Cuba, le Pérou, la Nouvelle-Zélande, Madagascar, l’Estonie, la Finlande… Autant de pays où la question du religieux n’est pas ou plus une source de conflit, si on excepte le Liban et le Sri Lanka.

De leur passage au Liban et au Sri Lanka justement, on aurait pu espérer des jeunes gens une ébauche de critique et de réflexion sur ce qu’est le communautarisme et sur ce qu’il a pu produire de pire, à savoir les guerres religieuses des 40 dernières années au Liban et la purge des Tigres Tamouls au Sri Lanka, à la fin des années 2010. Mais de ça bien sûr, il n’est nullement question. On se demande alors quelles auraient été les réactions du quatuor au Pakistan, en Arabie saoudite, en Egypte ou en Mauritanie…..

Seul petit bémol à cette peinture béatement idyllique : une jeune fille évoque tout de même les difficultés qu’elle-même et sa coéquipière ont rencontrées au Liban, subissant les « regards sales » de certains hommes et leurs insultes en arabe. Qu’en concluent-elles ? Quelle réflexion en tirent-elles ? Nada. Rien. Tout au plus peuvent-elles dire que c’est un pays un peu machiste : aucune corrélation avec le contexte religieux.

À la fin de la conférence, c’est l’heure de la quête.

Les intervenants font appel à la générosité du public pour le prochain voyage : il manque 20.000 €. Un des intervenants vient pourtant de protester contre les maigres 5000 € alloués à un prêtre catholique qui s’occupe d’une décharge à Madagascar… Et Coexister de vendre ses produits dérivés et d’inciter aux dons, lesquels ouvrent droit à des réductions fiscales.

Qu’une association promeuve l’interconvictionnalité, nouveau nom de l’œcuménisme, relève d’un prosélytisme idéologique qui n’est pas en soi condamnable, marchandise parmi d’autres sur le vaste marché du religieux.

Que Coexister interprète la laïcité comme un dialogue inter-religieux impliquant une vision communautariste à l’anglo-saxonne dérivée de la vision lockienne, qu’elle milite pour cette conception idéologique, ne pose pas problème. Nous sommes en démocratie ! Chacun est libre de diffuser son agit-prop. Le problème réside plutôt dans la confusion délibérée qui est entretenue entre œcuménisme et laïcité.

Car cette vision anglo-saxonne évacue complètement le lien indissociable qui unit notre laïcité à notre République, dans laquelle la citoyenneté de chaque individu prévaut, et non sa croyance ou son incroyance. La République française ne reconnaît aucune communauté, elle ne reconnaît que des individus qui ont acceptent la loi commune. Autrement dit, la République Française se fonde sur la non prise en compte des appartenances confessionnelles. Le modèle vanté par Coexister est donc l’antithèse de la laïcité républicaine française.

Il est donc très problématique que la vision militante et faussée de la laïcité de Coexister soit dispensée dans les écoles, collèges et lycées, le tout avec le financement du contribuable.

Quand on sait par ailleurs que Coexister promeut le HijabDay, qu’elle tient un stand au Rassemblement annuel des musulmans de France (RAMF) organisé par l’UOIF (vitrine des Frères musulmans en France) et qu’elle affiche sa proximité avec des associations comme le CCIF, Lallab, etc.[3], on ne peut qu’être inquiet des risques d’entrisme frériste.

La jeunesse est pour la liberté et la paix. Lui faire avaler la pilule du communautarisme, l’obliger à envisager l’autre et la société uniquement par le prisme du religieux, la séduire par une gentillesse débordante, des sourires béats, et un discours contre « la haine » et pour « l’ouverture aux autres », s’apparente à un sabordage insidieux des piliers qui nous constituent. Coexister fait du prosélytisme idéologique en diffusant une propagande oecuménique sous couvert de discours sur la laïcité. Coexister diffuse un modèle communautariste religieux d’inspiration lockienne avec les deniers et le soutien de l’Etat.

Il s’agit là de la vitrine clinquante et propre sur elle d’un modèle culturel qui, en réalité, est antinomique au modèle français. La où la France émancipe l’individu en le sortant de son carcan communautaire, celui-ci le réduit à une étiquette confessionnelle. L’association en outre banalise – consciemment ou pas – l’islamisme des Frères musulmans en promouvant la visibilité dans l’espace public du dogme religieux, rejoignant en cela les prescriptions fréristes d’un islamisme en tant que fait social, politique et religieux.

Pierre-Rodolphe Tran Van et Sophie Valles

 

Annexes

Texte de présentation de Coexister sur Facebook :

Coexister est un mouvement de jeunesse apartisan et aconfessionel qui promeut la Coexistence Active en utilisant une méthode d’éducation par les pairs auprès de jeunes entre 15 et 35 ans. La coexistence active est une méthode interactive qui crée du vivre-ensemble en s’appuyant sur les différences. Les différences se complètent et favorisent la compréhension de l’autre et de soi par l’interaction entre identité et altérité. Ainsi, la cohésion sociale est créée non plus « malgré » mais « grâce » aux différences. Pour les jeunes de Coexister, le parcours en trois étapes successives, vécues systématiquement en commun, permet de mettre en œuvre cette coexistence : * Le dialogue qui permet d’apprendre à se connaître * La solidarité qui permet de dépasser le simple cadre du dialogue en agissant ensemble, au service de la société * La sensibilisation qui permet à ces jeunes de devenir des agents de la coexistence active. Tout ce processus est accompagné par des modules de formation dispensés dans un cadre facilitant la co-éducation de ces jeunes sans distinction de genre, de convictions et d’origines. NOTRE SPECIFICITE Derrière la devise « Diversité de convictions, unité dans l’action », des jeunes de tous horizons culturels et de toutes convictions s’engagent pour la promotion d’une société laïque respectueuse et riche de sa diversité religieuse. Contrairement à d’autres structures interreligieuses existantes, Coexister n’est pas simplement une association de dialogue. Pour Coexister, l’interconvictionnel est avant tout un outil pour mieux vivre ensemble. Reconnue d’intérêt général, l’association Coexister regroupe aujourd’hui plus de 2500 adhérents dont 350 jeunes en responsabilité dans près de 45 groupes locaux en France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne et en Angleterre. Nos ateliers en milieu scolaire ont déjà permis la rencontre de près de 70 000 jeunes, sensibilisés à la laïcité, à la liberté de conscience et à la liberté d’expression. DE FORTES PERSPECTIVES D’ÉVOLUTION Nous voulons développer notre maillage territorial, notamment dans les quartiers prioritaires, et répondre efficacement aux nombreuses sollicitations en nous appuyant sur nos partenaires : l’Observatoire de la laïcité, l’Elysée, le CESE, l’Agence du Service Civique, ou encore le Conseil de l’Europe. Notre objectif est de passer de 45 à plus de 100 groupes d’ici deux ans et à 100 000 jeunes sensibilisés par année scolaire. C’est la multiplication de nos actions concrètes sur le terrain qui fera de Coexister un acteur incontournable de la promotion du vivre-ensemble et de la pédagogie de la laïcité auprès des jeunes. POURQUOI SOUTENIR ET REJOINDRE COEXISTER ? Bien avant qu’émerge le mouvement citoyen du 11 janvier, nous avons traduit par nos actes et sur le terrain l’esprit qui animait les cortèges. Chacun de nos groupes apporte les réponses concrètes aux incompréhensions qui engendrent trop souvent la haine et la violence. Dans le climat actuel, il est plus que jamais nécessaire de proposer des espaces neutres et citoyens de rencontres et d’actions entre jeunes de tous horizons pour créer de la cohésion sociale.

[1] https://www.facebook.com/pg/coexister.paris.sud/about/?ref=page_internal page consultée le 10/03/2108. Texte complet en annexe .

[2] https://www.facebook.com/events/181103109315309/ page consultée le 10/03/2018.

[3] Pour rappel, Coexister est la branche française du Global Interfaith Youth Network – Religion for peace qui en 2015 avait pour présidente honoraire Meherzia Labidi, députée tunisienne Ennahda et comme membre du CA Abdallah Ben Baya, ancien vice-président de l’Union des Ulémas de Youssef Al Qaradawi… Coexister est bien sûr adoubée par l’Observatoire de la laïcité de Bianco-Cadène (Source Prochoix).

Mireille Knoll assassinée à Paris le 23 mars 2018

Le symbole est terrible. Le crime est terrible.

A Paris, en 1942, âgée de 9 ans, Mireille Knoll échappait à la rafle du Vel d’Hiv et à la mort.

A Paris, en 2018, à 85 ans, elle est assassinée chez elle par un voisin musulman qui lui assène onze coups de couteau et incendie son appartement. Selon le Bureau national de la vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), citant une information du Parisien, « la victime avait déposé des mains courantes contre un riverain qui l’avait menacé de la faire brûler. Ce dernier aurait été vu dans son appartement ».

Après le meurtre de Sarah Halimi, dont il a fallu attendre presque un an pour que la juge retienne le caractère antisémite du crime, que va-t-on devoir faire pour que notre gouvernement prenne enfin la mesure du réel ?

L’antisémitisme tue. L’islamisme tue.

A quand une lutte idéologique pour neutraliser ceux qui arment les cerveaux des tueurs ? A quand l’affirmation et la défense farouche de nos valeurs républicaines ? A quand la fin des compromis par œcuménisme béat ?

Nous ne pouvons plus tolérer d’entendre que le danger, c’est la laïcité radicale.

Nous ne pouvons plus tolérer d’entendre que le danger, c’est l’islamophobie.

Près de 40 % des actes racistes recensés dans notre pays sont des actes antisémites alors que nos compatriotes juifs représentent à peine 1 % de la population. De 2016 à 2017, les actes antisémites violents ont augmenté de 26 %.

Tuer quelqu’un pour ce qu’il est, c’est une logique génocidaire.

Laisser le cancer de l’antisémitisme se répandre, c’est saper la République sur ses bases, c’est l’abandonner au chaos. Et à la honte.

 

https://www.20minutes.fr/societe/2213271-20180201-bilan-2017-actes-antisemites-minorite-juive-touchee-maniere-disproportionnee-violences

https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Communiques/Bilan-2017-des-actes-racistes-antisemites-antimusulmans-et-antichretiens