Frédéric Béghin : laïcité et école, un constat alarmant

Le 12 janvier dernier, #Reseau1905 et l’OLSD (Observatoire de la laïcité de Saint-Denis) organisaient à Saint-Denis une journée-événement « L’Universalisme en questions ». 

Frédéric Béghin, journaliste et essayiste, auteur de Une prière pour l’école y dressait un constat alarmant sur la laïcité à l’école.

Zineb el Rhazoui : Soutien inconditionnel, toujours Charlie !

Les associations #Reseau1905 et Esprit Laïque ont le devoir d’initier cet appel à soutien.
Zineb el Rhazoui est honteusement harcelée et menacée.
Nous nous devons de la soutenir et de porter à la connaissance des autorités les terribles menaces qui pèsent sur elle.
Voici le texte de soutien, vous trouverez à sa fin le lien vers le site qui attend vos signatures d’engagement.
Merci de partagez  sur tous vos supports, sms, mail, Facebook et Twitter, afin d’alerter le plus de citoyens possible.
« Lorsque vous vous taisez, vous mettez en danger ceux qui parlent ». (Zineb EL RHAZOUI)

Zineb El Rhazoui a raison

OUI, Zineb El Rhazoui a raison d’affirmer que« Il faut que l’islam se soumette à la critique, qu’il se soumette à l’humour, qu’il se soumette aux lois de la République, comme toute idéologie, religion, secte (…) , au droit français. » (CNews du 14/12/2018)
Si nous voulons vraiment sauver Marianne, il faut soutenir Zineb El Rhazoui, femme libre, admirable de vitalité, d’intelligence, de courage et de dignité. Déjà menacée par des fatwas au Maroc, son pays d’origine, elle l’est également en France.
Zineb El Rhazoui vit sous protection policière permanente depuis le massacre de l’équipe de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, auquel elle a échappé.

En plus d’avoir perdu ses collègues et amis, elle doit, depuis bientôt 4 ans, affronter quotidiennement la peur pour elle et sa famille. Régulièrement insultée pour ses prises de position, Zineb El Rhazoui est, pour la deuxième fois en 3 mois, victime d’une ignoble campagne de diffamation.

zineb rhazoui, reseau1905, Zineb el Rhazoui

Soyons très nombreux à signer cet appel, à titre associatif, militant ou simplement citoyen !

Rompons le silence assourdissant !
Faisons du bruit pour dire NON aux lâches qui menacent Zineb El Rhazoui de mort, de viol et de lapidation sur les réseaux dits sociaux, comme si c’était la norme!

Ce torrent d’avanies prouve non seulement, qu’il existe bien un radicalisme, aussi violent que déviant, en libre circulation dans une frange non négligeable de la population ; mais également que Zineb El Rhazoui a raison de s’insurger.

Ce sont les valeurs françaises, républicaines et démocratiques, qui sont en jeu, au premier titre desquelles la liberté qui donne son sens à la fraternité et l’égalité, dans un cadre légal laïque qui ne reconnaît pas le blasphème.

La France a-t-elle renié ce pourquoi elle s’est levée en se disant «Charlie» le 11 janvier 2015 ?
La liberté de conscience et la liberté d’expression, ces 2 libertés fondamentales sont-elles en train d’être définitivement enterrées ?

Après tant de morts, l’islamisme, qui se fabrique aussi en France, est-il en train de remporter la partie ? Quelles leçons tirons-nous de toutes ces dates qui meurtrissent notre histoire commune ?
Hors de question d’attendre d’autres assassinats et de se recueillir ensuite autour des « martyrs de la République ».
Hors de question de pleurer puis d’oublier et de se taire, sans agir.
Hors de question de renoncer aux Lumières.

Ce qui terrasse, ce ne sont pas seulement les balles, c’est aussi l’accoutumance à l’intolérable, l’indifférence face à l’insupportable.
Le temps des prières, des bougies et des minutes de silence a fait long feu.
Dorénavant, il s’agit de nommer l’islamisme pour le dénoncer. Il s’agit d’exiger le droit à la critique et à la réflexion qui font grandir une Nation !

Soyons TRÈS NOMBREUX à témoigner auprès de Zineb el Rhazoui notre admiration ainsi que notre inconditionnel soutien!
Soyons TRÈS NOMBREUX à refuser de nous habituer !
Soyons TRÈS NOMBREUX résolus à parler, ce qui est déjà agir !
Soyons TRÈS NOMBREUX à signer cet appel !

OUI Zineb El Rhazoui a raison.

 

EDITO

Non, nous ne sommes pas d’extrême-droite identitaire, nous sommes des citoyens républicains soulagés de cette décision.
Il nous était insupportable de penser que des paroles appelant à la crucifixion des nôtres puissent être entonnées là où des compatriotes avaient été tués au nom d’une doctrine mortifère.
Nous ne voulions pas de confrontation violente, mais nous aurions été présents pour afficher notre désapprobation.
Le Bataclan n’est plus une salle comme les autres. Pour beaucoup d’entre nous ce lieu est un sanctuaire.
Et Medine va chanter ailleurs.

Le Bataclan n’est pas un ring

©Noolive

Rassemblement Annuel des Musulmans de France : le salon des compromissions

Organisé par l’UOIF – vitrine des Frères musulmans en France qui a habilement trusté le nom de « Musulmans de France » –, ce Rassemblement cristallise toutes les questions qui se posent en France en matière d’islam et d’islamisme.

Comment comprendre que Amar Lasfar, le président de Musulmans de France, invite à observer une minute de silence pour les victimes de terrorisme alors que les librairies du salon – qui ont d’ailleurs pignon sur rue à Paris ou à Lyon – proposent le pire de la littérature islamiste qui détaille par exemple comment tuer les homosexuels ?

Comment accepter que l’on y vende des ouvrages du négationniste Roger Garaudy ?

Comment se retrancher derrière la liberté d’expression quand de multiples albums destinés aux fillettes les incitent à porter le voile et sous-entendent ainsi que l’on ne peut être une bonne musulmane que voilée et « pudique » ?

Nous avons croisé des femmes en niqab et des petites filles voilées dont l’une ne devait pas avoir plus de 3 ans.

Comment se retrancher derrière la liberté d’expression quand des ouvrages indiquent comment « corriger » son épouse ?

Alors nous posons une question simple.

Accepter que se tienne un tel salon, accepter d’intervenir à un tel rassemblement qui diffuse ce type de littérature, est-ce être tolérant ou complice ?

Qu’un Raphaël Liogier ou un Vincent Geisser soient des habitués du Bourget ne nous étonne plus. Mais un haut-fonctionnaire ?

Didier Leschi a participé à la structuration du Conseil français du culte musulman. En 2004, il a été « chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur et reste aujourd’hui l’un des meilleurs connaisseurs des cultes au sein de la haute fonction publique. Pendant quatre ans, il a accompagné une série de mesures importantes pour le culte musulman, orientées vers la création d’un « islam de France » : création des aumôneries, d’une formation « laïque » des imams à l’université, construction des mosquées avec l’aide des mairies, tentative de mise sur pied d’une Fondation des œuvres de l’islam de France, etc. »[1] Aujourd’hui, il dirige l’Office français de l’Immigration et de l’intégration (OFII) et préside l’Institut européen en sciences des religions.

Au Ramf, il a été invité à un café-débat sur la laïcité dimanche 1er avril. Il a certes défendu l’argument d’une France tolérante et accueillante, en rappelant l’extraordinaire résilience de nos concitoyens après les attentats ou le nombre de lieux de culte musulmans en France.

Toute son intervention était destinée à montrer au public le sens et les vertus de notre laïcité qui respecte l’islam et les musulmans : charge d’aumôniers, ministres issus de l’immigration (Rachida Dati ou Najat Vallaud-Belkacem), le préfet ‘musulman’ nommé par Nicolas Sarkozy, la multiplication des lieux de culte grâce aux baux emphytéotiques, etc. Il a aussi rappelé que le premier acte du président Macron avait été de se rendre dès son élection, le 20 juin, à l’Iftar (repas de rupture du jeûne) organisé par le Conseil Français du culte musulman.[2]

On comprend la logique de l’opération séduction menée par le haut-fonctionnaire.

Mais quelle crédibilité lui accorder si ce représentant de l’Etat ne s’insurge pas et ne rappelle pas la loi quand, à quelques stands de lui, on peut lire que « l’homosexualité est un acte vicieux, une perversion de la nature, une plongée dans le cloaque et la saleté, une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité. (…) Est-ce qu’on tue l’actif ou le passif ? Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité. »[3]

On pourra nous opposer que l’on peut lire aussi des horreurs dans l’Ancien Testament. Sauf qu’en Syrie, ces préconisations ont été appliquées à la lettre par l’Etat islamique.

La résilience des Français face aux attentats est une chose. Mais jusqu’où ira leur résilience face à la compromission et la complaisance des autorités avec l’islamisme ?

#Reseau1905 vous proposera dans les jours qui viennent des reportages détaillés sur notre visite et les différentes conférences auxquelles nous avons assisté.

[1] https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Carnet/Didier-Leschi-nouveau-president-lInstitut-europeen-sciences-religions-2018-01-15-1200906035

[2] https://www.causeur.fr/emmanuel-macron-diner-cfcm-islam-145099

[3] Youssef Al-Qaradhawi, Le licite et l’illicite en islam, Paris, Ed. Al Qalam, 1992, rééd. 2005.

COEXISTER : défense de la laïcité ou promotion d’un œcuménisme idéologique ?

coexister, laïcité, interfaith tour

Le vendredi 8 mars 2018 avait lieu à la Communauté Spiritaine, dans le 5e arrondissement de Paris, une conférence de l’association Coexister qui présentait la troisième édition de l’InterFaith Tour.

Qu’est-ce que Coexister ?

Coexister est une association loi 1901 qui, selon sa page Facebook[1], « est un mouvement de jeunesse apartisan et aconfessionel qui promeut la Coexistence Active en utilisant une méthode d’éducation par les pairs auprès de jeunes entre 15 et 35 ans. »

Définition très floue, qui ne permet pas vraiment de comprendre de quoi il retourne. Retenons pour l’instant que Coexister se présente comme une association qui ne revendique ni n’affiche aucune idéologie et aucune religion. Première chose que nous examinerons. Seconde chose, la « coexistence ».

Pour Coexister, la « coexistence » est « une méthode interactive qui crée du vivre-ensemble en s’appuyant sur les différences. Les différences se complètent et favorisent la compréhension de l’autre et de soi par l’interaction entre identité et altérité. ». Leur concept, donc ? La coexistence des différences identitaires, considérées comme complémentaires.

Mais de quelles « différences » est-il ici question ? « Diversité de convictions, unité dans l’action ». « Des jeunes de tous horizons culturels et de toutes convictions s’engagent pour la promotion d’une société laïque respectueuse et riche de sa diversité religieuse. ». Cela signifie que pour Coexister, une société laïque est une société de diversité religieuse. La laïcité consisterait en la coexistence de différentes religions, en tout cas des trois monothéismes. Bref, la laïcité serait l’autre nom de l’œcuménisme.

Or, que produit l’œcuménisme, en tant que principe du « vivre ensemble » ? Il produit une société quadrillée par des communautés religieuses, et non une société qui s’émancipe des identités religieuses pour proposer un cadre libre, où l’individu peut exister par lui-même, indépendamment de ses particularismes.

Car quid de ceux qui n’ont pas de religion ? De ceux qui en sortent ? De ceux qui s’en moquent ? Ils n’existent pas dans ce modèle de coexistence oecuménique. Sans même parler des athées, cette « coexistence des religions » oublie tous ceux qui refusent de se définir par leur appartenance ou leur non-appartenance religieuse. Coexister prône donc un modèle politique, c’est-à-dire une organisation de la Cité (ce qui prouve que loin d’être « apartisane », elle défend au contraire un véritable parti-pris), fondée sur la segmentation de la société en communautés religieuses vivant côte à côte. Une société qui de ce fait ne prend pas en compte ceux qui n’entendent pas se définir par le rapport qu’ils entretiennent à la religion.

Il ne s’agit pas ici de laïcité, mais de tolérance, ce qui n’est pas la même chose.

Pourquoi parlons-nous ici de tolérance ?

Appuyons-nous sur le texte de John Locke (1632-1704), philosophe anglais moderne, dont la pensée contribua à l’émergence du libéralisme. Dans sa Lettre sur la tolérance de 1690, le philosophe étudie la relation entre la cité céleste et la cité terrestre, entre le religieux et le politique. Témoin des troubles religieux et politiques qui ont marqué l’Angleterre du XVIIIème siècle, Locke réfléchit aux moyens de maintenir la paix au sein d’une société où existent plusieurs sectes protestantes. En opposition à son contemporain Thomas Hobbes (1588-1679), auteur du célèbre Léviathan, Locke pense que, pour obtenir la paix civile entre les religions, l’Etat ne doit pas se mêler des questions religieuses. Toutes les confessions, chrétiennes dans le contexte de Locke, doivent coexister au sein de la société civile. Mais ce modèle a ses limites : en sont exclus les athées (car nous dit Locke, ils ne croient pas et ne sont à ce titre pas fiables), et les catholiques qui sont « soumis » au Pape, donc à une puissance extérieure.

Le principe politique de la tolérance vise la coexistence des confessions, mais il exclut ceux qui n’en ont pas ou qui, s’ils en ont une, ne veulent pas être définis par elle. En outre, il définit les rapports sociaux par le prisme de la religion. La tolérance en tant que principe politique va à l’encontre du principe laïque, qui suppose au contraire que l’individu ne se définisse plus par sa religion (pas plus qu’il ne se définit par son sexe ou son appartenance ethnique), mais par sa raison et son libre-arbitre.

Coexister par ailleurs a recours au terme de « conviction ». Avoir des convictions, c’est considérer ses croyances comme certaines. Ainsi, nous aurions tous des convictions, des croyances auxquelles nous prêtons foi. Et il faudrait que ces croyances, ces certitudes, coexistent. Selon Coexister, l’agnosticisme, l’athéisme, seraient ainsi des convictions, au même titre que les croyances religieuses. En d’autres termes, toute thèse, toute opinion, dès lors qu’elle relève de la conviction, n’existerait en réalité, en positif ou en négatif, que par rapport à la question religieuse. Nous avons ici affaire au relativisme (tout se vaut, dès qu’il s’agit de « conviction »), à une posture idéologique et partisane qui prétend ramener à la religion toutes les positions sur le sujet, y compris celles qui nient l’existence de Dieu.

2) Qu’est-ce que l’InterFaith Tour ?

La page Facebook de l’événement[2] présente l’InterFaith Tour 2017/2018 : « De juillet 2017 à février 2018, ces jeunes de convictions différentes (juif, musulman, athée et chrétien) sont partis autour du monde à la découverte d’une centaine d’actions et d’initiatives interreligieuses. Ils ont aussi expérimenté leur quotidien en commun pendant 7 mois. Avez-vous déjà imaginé vivre 24h/24 ensemble lorsque que l’on a des pratiques et des modes de vie différents ? De mars à mai, ils entament une tournée de conférences pour témoigner de leurs expériences lors de cet incroyable voyage ! »

Ce sont 4 jeunes de convictions différentes qui partent à la recherche d’initiatives œuvrant pour le vivre-ensemble et la coopération inter-convictionnelle pendant 7 mois dans 20 pays. Leur but ? Recenser, promouvoir, connecter et créer des contenus pédagogiques. »

Nous voyons que la rhétorique néo-lockienne est de nouveau employée via l’idée de « conviction ». Nous avons déjà relevé que l’« athéisme » est considéré comme une conviction et que seuls les trois monothéismes sont représentés.

Donc, nous pouvons dire que l’InterFaith Tour est une sorte de circuit-Club Med-œcuménique-des monothéismes-et-de-l’athéisme-en-vadrouille-dans-le monde. L’athéisme y figure en tant que repoussoir, puisque le critère identitaire majeur demeure le critère religieux.

3) La conférence du 8 mars 2018

Dans la salle, des produits dérivés sont proposés à la vente.

La salle se remplit lentement, mais sûrement. Il y a du monde, la salle est pleine.

En guise d’introduction, Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister, fait un speech tout sourire, content que son association ait pu être présentée à 95.000 écoliers, collégiens et lycéens.

Il évoque ensuite le premier « exercice », petit jeu par lequel l’association débute toujours ses interventions en milieu scolaire. Il s’agit pour les élèves, face aux quatre animateurs-Coexister, de jouer aux devinettes : qui est qui ? Autrement dit, qui est le musulman, qui est le juif, le catholique et l’athée ? Le but de la manoeuvre : déjouer les préjugés… Et oui, quelle surprise : on n’a pas forcément le visage de sa religion ! Ceci pour prouver que la religion n’est pas liée à une quelconque dimension ethno-morphologique (la « race » diraient certains). En conséquence de quoi, il ne saurait exister de « racisme » envers une religion.

Il est fort louable que Coexister nous apprenne ainsi que le racisme anti religieux n’est pas possible.

Après cette mise en bouche, le cœur de sujet : la troisième édition du tour du monde « interconvictionnel ». Un musulman, un catholique, une juive et une athée ont donc parcouru 20 pays différents (deux semaines par pays), rencontrant des gens qui pratiquent « l’interconvictionnalité ». Découvertes, regards croisés sur les initiatives de dialogues inter religieux et inter communautaires.

Notre quatuor en a rapporté des petits films, des interviews et des souvenirs de voyage rigolos. Dans une ambiance extatique tout à fait comparable à celle qui caractérise les cultes évangélistes américains, les protagonistes nous relatent une série d’anecdotes, pittoresques et plus ou moins intéressantes.

Quels pays ont-ils parcourus ? S’agit-il de pays où des minorités sont discriminées, persécutées en raison de leur religion ou de leur athéisme ? Non. Pas de Maghreb, pas d’Afrique subsaharienne, pas d’Asie centrale.

En revanche, les USA, le Mexique, Cuba, le Pérou, la Nouvelle-Zélande, Madagascar, l’Estonie, la Finlande… Autant de pays où la question du religieux n’est pas ou plus une source de conflit, si on excepte le Liban et le Sri Lanka.

De leur passage au Liban et au Sri Lanka justement, on aurait pu espérer des jeunes gens une ébauche de critique et de réflexion sur ce qu’est le communautarisme et sur ce qu’il a pu produire de pire, à savoir les guerres religieuses des 40 dernières années au Liban et la purge des Tigres Tamouls au Sri Lanka, à la fin des années 2010. Mais de ça bien sûr, il n’est nullement question. On se demande alors quelles auraient été les réactions du quatuor au Pakistan, en Arabie saoudite, en Egypte ou en Mauritanie…..

Seul petit bémol à cette peinture béatement idyllique : une jeune fille évoque tout de même les difficultés qu’elle-même et sa coéquipière ont rencontrées au Liban, subissant les « regards sales » de certains hommes et leurs insultes en arabe. Qu’en concluent-elles ? Quelle réflexion en tirent-elles ? Nada. Rien. Tout au plus peuvent-elles dire que c’est un pays un peu machiste : aucune corrélation avec le contexte religieux.

À la fin de la conférence, c’est l’heure de la quête.

Les intervenants font appel à la générosité du public pour le prochain voyage : il manque 20.000 €. Un des intervenants vient pourtant de protester contre les maigres 5000 € alloués à un prêtre catholique qui s’occupe d’une décharge à Madagascar… Et Coexister de vendre ses produits dérivés et d’inciter aux dons, lesquels ouvrent droit à des réductions fiscales.

Qu’une association promeuve l’interconvictionnalité, nouveau nom de l’œcuménisme, relève d’un prosélytisme idéologique qui n’est pas en soi condamnable, marchandise parmi d’autres sur le vaste marché du religieux.

Que Coexister interprète la laïcité comme un dialogue inter-religieux impliquant une vision communautariste à l’anglo-saxonne dérivée de la vision lockienne, qu’elle milite pour cette conception idéologique, ne pose pas problème. Nous sommes en démocratie ! Chacun est libre de diffuser son agit-prop. Le problème réside plutôt dans la confusion délibérée qui est entretenue entre œcuménisme et laïcité.

Car cette vision anglo-saxonne évacue complètement le lien indissociable qui unit notre laïcité à notre République, dans laquelle la citoyenneté de chaque individu prévaut, et non sa croyance ou son incroyance. La République française ne reconnaît aucune communauté, elle ne reconnaît que des individus qui ont acceptent la loi commune. Autrement dit, la République Française se fonde sur la non prise en compte des appartenances confessionnelles. Le modèle vanté par Coexister est donc l’antithèse de la laïcité républicaine française.

Il est donc très problématique que la vision militante et faussée de la laïcité de Coexister soit dispensée dans les écoles, collèges et lycées, le tout avec le financement du contribuable.

Quand on sait par ailleurs que Coexister promeut le HijabDay, qu’elle tient un stand au Rassemblement annuel des musulmans de France (RAMF) organisé par l’UOIF (vitrine des Frères musulmans en France) et qu’elle affiche sa proximité avec des associations comme le CCIF, Lallab, etc.[3], on ne peut qu’être inquiet des risques d’entrisme frériste.

La jeunesse est pour la liberté et la paix. Lui faire avaler la pilule du communautarisme, l’obliger à envisager l’autre et la société uniquement par le prisme du religieux, la séduire par une gentillesse débordante, des sourires béats, et un discours contre « la haine » et pour « l’ouverture aux autres », s’apparente à un sabordage insidieux des piliers qui nous constituent. Coexister fait du prosélytisme idéologique en diffusant une propagande oecuménique sous couvert de discours sur la laïcité. Coexister diffuse un modèle communautariste religieux d’inspiration lockienne avec les deniers et le soutien de l’Etat.

Il s’agit là de la vitrine clinquante et propre sur elle d’un modèle culturel qui, en réalité, est antinomique au modèle français. La où la France émancipe l’individu en le sortant de son carcan communautaire, celui-ci le réduit à une étiquette confessionnelle. L’association en outre banalise – consciemment ou pas – l’islamisme des Frères musulmans en promouvant la visibilité dans l’espace public du dogme religieux, rejoignant en cela les prescriptions fréristes d’un islamisme en tant que fait social, politique et religieux.

Pierre-Rodolphe Tran Van et Sophie Valles

 

Annexes

Texte de présentation de Coexister sur Facebook :

Coexister est un mouvement de jeunesse apartisan et aconfessionel qui promeut la Coexistence Active en utilisant une méthode d’éducation par les pairs auprès de jeunes entre 15 et 35 ans. La coexistence active est une méthode interactive qui crée du vivre-ensemble en s’appuyant sur les différences. Les différences se complètent et favorisent la compréhension de l’autre et de soi par l’interaction entre identité et altérité. Ainsi, la cohésion sociale est créée non plus « malgré » mais « grâce » aux différences. Pour les jeunes de Coexister, le parcours en trois étapes successives, vécues systématiquement en commun, permet de mettre en œuvre cette coexistence : * Le dialogue qui permet d’apprendre à se connaître * La solidarité qui permet de dépasser le simple cadre du dialogue en agissant ensemble, au service de la société * La sensibilisation qui permet à ces jeunes de devenir des agents de la coexistence active. Tout ce processus est accompagné par des modules de formation dispensés dans un cadre facilitant la co-éducation de ces jeunes sans distinction de genre, de convictions et d’origines. NOTRE SPECIFICITE Derrière la devise « Diversité de convictions, unité dans l’action », des jeunes de tous horizons culturels et de toutes convictions s’engagent pour la promotion d’une société laïque respectueuse et riche de sa diversité religieuse. Contrairement à d’autres structures interreligieuses existantes, Coexister n’est pas simplement une association de dialogue. Pour Coexister, l’interconvictionnel est avant tout un outil pour mieux vivre ensemble. Reconnue d’intérêt général, l’association Coexister regroupe aujourd’hui plus de 2500 adhérents dont 350 jeunes en responsabilité dans près de 45 groupes locaux en France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne et en Angleterre. Nos ateliers en milieu scolaire ont déjà permis la rencontre de près de 70 000 jeunes, sensibilisés à la laïcité, à la liberté de conscience et à la liberté d’expression. DE FORTES PERSPECTIVES D’ÉVOLUTION Nous voulons développer notre maillage territorial, notamment dans les quartiers prioritaires, et répondre efficacement aux nombreuses sollicitations en nous appuyant sur nos partenaires : l’Observatoire de la laïcité, l’Elysée, le CESE, l’Agence du Service Civique, ou encore le Conseil de l’Europe. Notre objectif est de passer de 45 à plus de 100 groupes d’ici deux ans et à 100 000 jeunes sensibilisés par année scolaire. C’est la multiplication de nos actions concrètes sur le terrain qui fera de Coexister un acteur incontournable de la promotion du vivre-ensemble et de la pédagogie de la laïcité auprès des jeunes. POURQUOI SOUTENIR ET REJOINDRE COEXISTER ? Bien avant qu’émerge le mouvement citoyen du 11 janvier, nous avons traduit par nos actes et sur le terrain l’esprit qui animait les cortèges. Chacun de nos groupes apporte les réponses concrètes aux incompréhensions qui engendrent trop souvent la haine et la violence. Dans le climat actuel, il est plus que jamais nécessaire de proposer des espaces neutres et citoyens de rencontres et d’actions entre jeunes de tous horizons pour créer de la cohésion sociale.

[1] https://www.facebook.com/pg/coexister.paris.sud/about/?ref=page_internal page consultée le 10/03/2108. Texte complet en annexe .

[2] https://www.facebook.com/events/181103109315309/ page consultée le 10/03/2018.

[3] Pour rappel, Coexister est la branche française du Global Interfaith Youth Network – Religion for peace qui en 2015 avait pour présidente honoraire Meherzia Labidi, députée tunisienne Ennahda et comme membre du CA Abdallah Ben Baya, ancien vice-président de l’Union des Ulémas de Youssef Al Qaradawi… Coexister est bien sûr adoubée par l’Observatoire de la laïcité de Bianco-Cadène (Source Prochoix).

Mireille Knoll assassinée à Paris le 23 mars 2018

Le symbole est terrible. Le crime est terrible.

A Paris, en 1942, âgée de 9 ans, Mireille Knoll échappait à la rafle du Vel d’Hiv et à la mort.

A Paris, en 2018, à 85 ans, elle est assassinée chez elle par un voisin musulman qui lui assène onze coups de couteau et incendie son appartement. Selon le Bureau national de la vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), citant une information du Parisien, « la victime avait déposé des mains courantes contre un riverain qui l’avait menacé de la faire brûler. Ce dernier aurait été vu dans son appartement ».

Après le meurtre de Sarah Halimi, dont il a fallu attendre presque un an pour que la juge retienne le caractère antisémite du crime, que va-t-on devoir faire pour que notre gouvernement prenne enfin la mesure du réel ?

L’antisémitisme tue. L’islamisme tue.

A quand une lutte idéologique pour neutraliser ceux qui arment les cerveaux des tueurs ? A quand l’affirmation et la défense farouche de nos valeurs républicaines ? A quand la fin des compromis par œcuménisme béat ?

Nous ne pouvons plus tolérer d’entendre que le danger, c’est la laïcité radicale.

Nous ne pouvons plus tolérer d’entendre que le danger, c’est l’islamophobie.

Près de 40 % des actes racistes recensés dans notre pays sont des actes antisémites alors que nos compatriotes juifs représentent à peine 1 % de la population. De 2016 à 2017, les actes antisémites violents ont augmenté de 26 %.

Tuer quelqu’un pour ce qu’il est, c’est une logique génocidaire.

Laisser le cancer de l’antisémitisme se répandre, c’est saper la République sur ses bases, c’est l’abandonner au chaos. Et à la honte.

 

https://www.20minutes.fr/societe/2213271-20180201-bilan-2017-actes-antisemites-minorite-juive-touchee-maniere-disproportionnee-violences

https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Communiques/Bilan-2017-des-actes-racistes-antisemites-antimusulmans-et-antichretiens

Dans les pas d’Arnaud Beltrame

Par Nathalie Bianco

C’est la première chose que j’ai faite ce matin, en me réveillant : J’ai allumé mon téléphone, pour prendre des nouvelles du gendarme de Trèbes. La deuxième chose que j’ai fait c’est de pleurer, des larmes de tristesse et de rage. Comme lorsque Merah a assassiné des enfants à Toulouse. J’en pleure encore, à chaque fois que j’y pense. Comme lors du massacre de Charlie, et celui de tous ces jeunes gens au Bataclan. Le vieux prêtre égorgé dans son église aussi, ça m’avait secoué, ainsi que les deux policiers de Magnanville, lardés de coup de couteau devant leur petit garçon de 3 ans. Et Nice, la belle, la promenade des anglais, le feux d’artifice, que de larmes versées en regardant les photos. Surtout celle de la petite fille sous la couverture, avec son ours en peluche.

Les deux jeunes filles égorgées sur un quai de gare à Marseille aussi, ça m’a traumatisée, parce que l’une ressemblait à ma fille, et qu’elle aurait pu être Elle, si belle, si pleine de vie, si insouciante, si loin de tout ça.

Bref, je pleure beaucoup depuis quelques années. De tristesse et de rage. Vous aussi, surement. Je n’arrêterai jamais de pleurer et d’être révoltée. Mais il y a un truc que j’ai arrêté, c’est d’allumer des bougies. De faire des coeurs avec mes doigts. De crier « au fou », au déséquilibré, à l’acte isolé d’un taré. Ça me rassurait surement, mais ce n’est pas vrai. Il n’y a pas d’actes isolés, il y a quelque chose de structuré, d’immensément dangereux qui se rapproche de nous.

J’ai arrêté aussi depuis longtemps de lire la presse « de gauche », Libération, Mediapart, les Inrocks, le Bondy Blog etc… En fait, j’ai arrêté la gauche tout court, et comme je ne me suis pas résigné à être de droite pour autant, c’est chiant. Je ne suis plus rien. Je me sens un peu orpheline. Juste trahie, depuis si longtemps. Ecoeurée par la lâcheté du pouvoir. Mais comme on est un paquet dans ce cas, je me sens moins seule. Je suis citoyenne, c’est déjà bien.

J’ai donc arrêté des trucs, et j’en ai commencé d’autre. Par ex, j’ai commencé à comprendre qu’il se rapproche de nous, dangereusement, une sorte d’Iceberg. Le haut, ce qu’on voit aujourd’hui, c’est les morts, la violence, les attentas. Ça suscite l’émotion, la peur, l’effroi. Le fond de l’iceberg, immergé, ça fait moins flipper, ça peut paraitre soft, intéressant, et même parfois assez branché et progressiste. C’est l’idée que, la France ça pourrait n’être qu’une superposition de différentes cultures, religions, un conglomérat d’identités qui cohabitent sans jamais se mêler et n’avoir rien en commun, c’est l’idée que toutes les idéologies se valent et seraient respectables, au nom d’un vivre-ensemble béat et que l’universalisme n’est rien qu’un truc dépassé et obsolète. C’est l’idée d’une société « blanche » et colonialiste, forcément coupable de tous les maux, forcément dominante et odieuse, et d’une autre société « racisée » forcément victime. Toujours victime. C’est la volonté odieuse de « nous » fractionner, de « nous » diviser, de nous dresser les uns contre les autres. Eux contre nous. Nous contre eux. « Eux », ce serait les musulmans par ex, qui, grâce aux bons soins des idéologues victimaires ultra médiatisés, se retrouvent sommés de se solidariser avec l’islamisme, sous peine de haute trahison.

« Nous » ce serait une France qui, dès lors qu’elle refuse de courber servilement l’échine sous des revendications communautaristes et religieuses, serait assimilée à une prétendue « fachosphère ».

Le fond immergé de l’Iceberg, c’est aussi tous ces irresponsables qui n’ont de cesse d’exciter une jeunesse troublée et fragile et d’appeler à la haine de la France et de ses valeurs, à casser et à brûler du flic, à cracher sur les valeurs de la république, qui n’ont de cesse de banaliser tous les marqueurs de l’islamisme et de pactiser avec le diable, du moment que ça entretient encore l’illusion.

Alors oui, je pleure encore mais pas que…
Le temps n’est plus à l’émotion.
J’ouvre les yeux aussi.

Nous avons un putain d’Iceberg à éviter, si nous ne voulons pas nous fracasser et nous noyer inéluctablement. Tous les moyens sont bons, toutes les forces sont utiles.

Nous ne serons certes pas tous des héros, comme ce vaillant gendarme qui est mort cette nuit. Mais nous pouvons tous être des combattants. Nous pouvons tous faire pression, adhérer aux associations qui se battent sur le terrain, lancer des mouvements, signer, manifester, parler, protester, témoigner, nous faire entendre.

Nous ne sommes pas obligés d’être de simples spectateurs larmoyants et impuissants, nous n’avons pas à accepter le pire avec fatalisme, à nous courber servilement devant le totalitarisme, nous avons des valeurs communes et même si elles sont malmenées et imparfaites, ça vaut la peine de se bouger un peu le cul pour les protéger. Nous pouvons nous redresser, être debout, agir en étant (un peu ) courageux.

Nous ne le serons jamais autant qu’Arnaud Beltrame, qui a sacrifié sa vie . Mais ce sera notre façon de lui rendre hommage.

Ne plus pleurer et agir.

Afrin : la photo de notre honte

Il y a plus de cinq ans, nous étions, parmi ceux qui, ne revendiquant aucune autre expertise que la raison et le doute, dénonçaient la politique française au Moyen Orient et en Syrie.

Nous disions nos doutes quant à la soi-disant armée syrienne libre. Nous disions à quel point celle-ci vectorise des groupes qui sont les frères jumeaux de DAECH.

Depuis plus de cinq ans, en notre nom et pour notre compte, nous accumulons les erreurs politiques et les fautes morales. Aujourd’hui, nous culminons vers des sommets d’indignité.

Désormais, les Français ont pour beaucoup compris ce que signifie une guerre. Ils ont compris que les Syriens ne sont pas «pro» ou « anti», mais qu’ils se battent pour leur pays en proie à l’islamisme.

Ils ont compris ce que l’islamisme instille dans la politique puis la guerre, de complexité, puis d’horreur.

Ils ont compris la signification de ce drapeau de l’armée syrienne «libre» qui flotte aux côtés du drapeau turc depuis ce matin, à Afrin.

Mais il est trop tard.

Il est trop tard pour regretter ces kilomètres de propagande, quand Alep EST était, comme Mossoul, sous le joug des islamistes. Lorsque nous en étions à soutenir dans les médias des coupeurs de têtes et des violeurs obscènes qui perdaient sous les bombes russes le pouvoir qu’ils avaient pris sur une population meurtrie. Trop tard pour regretter cette paralysie organisée des opinions publiques sur un sujet qui les engagent pour l’avenir, malgré elles. Observons bien cette photo. Gardons la en mémoire. Elle est désormais un visage de l’histoire. Elle nous fait honte.

J’ai rêvé que je regardais The Voice…

Par Nathalie Bianco

La nuit dernière j’ai fait un rêve bizarre. J’ai rêvé que je regardais The Voice (à ce stade, c’est déjà un cauchemar) et qu’une superbe jeune fille aux yeux candides interprétait un classique des Beatles. Dans mon rêve, la jeune fille portait un gros crucifix et un T-shirt marqué « I love Jesus » mais ça lui allait bien, et ça lui donnait un joli style. Pas de quoi fouetter un chat. Même s’il semblait bien qu’elle ait changé les paroles de la 2ème strophe pour en faire un chant religieux. Mais elle avait une si belle voix…

Et puis, des internautes curieux s’intéressaient au profil de la jeune fille et dénichaient sur son Facebook de curieux messages après les attentats du Bataclan et de Charlie, qui expliquaient que tout ça était la faute de l’immigration en France. On trouvait aussi des likes sur des sites d’extrême-droite, un soutien au groupuscule Civitas et un clip destiné à une campagne anti-avortement.

Dans mon rêve, de nombreuses voix s’élevaient pour protester contre la sélection de cette candidate.

Après je me suis réveillée, je ne me souviens pas de la suite. Il me semble que de bien belles âmes criaient à l’intolérance et à la stigmatisation face à quelques bêtes erreurs de jeunesse et que Libé publiait une tribune pour prôner l’ouverture d’esprit et défendre une “jeune française ordinaire”…

Mennel peut toujours chanter. L’important est de savoir « d’où elle chante »

Par Charles Meyer

Être musulman, maghrébin ou oriental, ce n’est pas kiffer Ennasri, Iquioussen, Baraka city, Havre de savoir, ce n’est pas traiter son gouvernement de «terroriste» peu après une boucherie à Nice.

Ça, c’est être islamiste.

Les associations laïques et républicaines se battent sur deux fronts. L’extrême-droite et l’islamisme, une forme nouvelle d’extrême-droite. Il n’est pas toujours évident de faire passer un message, pourtant simple : l’islamisme n’est pas l’islam et la stratégie d’entrisme des islamistes est éprouvée dans de multiples sociétés, à travers l’histoire. C’est une stratégie élaborée autour de la dissimulation et du mensonge auxquels succèdent l’entrisme et enfin, la consécration du dogme : le pouvoir.

Le cas de la chanteuse Mennel dont nous découvrions hier l’horreur des propos et le dogme islamiste en partage est typique.

Beaucoup de nos amis se sont avoués piégés. Je leur ai répondu qu’il valait mieux se faire avoir et en prendre conscience plutôt que de se laisser piéger par la haine et le racisme. Ce n’est pas évident de deviner ce qui se cache exactement derrière le projet islamiste et quelles sont ses méthodes pour amadouer les médias, la société civile et la classe politique. Il faut connaître les organisations, les étudier, décrypter leurs fonctionnement, leurs discours et la propagande sucrée de ces mouvements islamistes tels que Lallab. Tout cela prend du temps et de l’énergie et nous sommes dans la société civile une minorité croissante à nous y consacrer.

À mon sens, l’idée n’est certainement pas comme le réclament déjà plusieurs élus du FN, fidèles dans la récupération de nos malheurs, de censurer cette jeune chanteuse ou de l’empêcher de chanter. Même à « The Voice». Nous sommes dans un Etat de droit et chacun est libre de ses idées. Être islamiste n’est pas illégal. Être fasciste n’est pas illégal. C’est adhérer ou s’être fait conquérir par un dogme puissant et dangereux qui restreint partout dans le monde l’espace des libertés.

Le rappeur « Medine», le triste comique Belattar ou bien d’autres encore, véhiculent la même idéologie à combattre. Mais les censurer serait aussi productif que la censure de l’extrême droite et la diabolisation l’ont été il y a vingt ans.

En revanche, il ne faut pas, il ne faut jamais mélanger spiritualité et islamisme, religion et projet politico-religieux ou pire, origines et religion. C’est ce que cherchent les islamistes.

Il faut donc marquer les messagers ou les vecteurs inconscients d’une idéologie mortifère à la culotte. Faire savoir que cette jeune fille qui a été adulée et mise en avant par les médias, précisément pour son voile et sa religion, n’est pas et ne doit en aucun cas être le symbole d’une représentation fausse des Musulmans et des femmes musulmanes dans la Société.

Proche de Lallab, on sait qu’elle est un produit de cette Génération nouvelle de l’islamisme, dont les aspérités seront de moins en moins visibles mais le projet le même : c’est le fameux Tamkine.

Prendre cette jeune fille pour une musulmane comme une autre reviendrait à l’évidence à laisser croire qu’être musulman ou croyant, c’est forcément adhèrer, comme elle, aux thèses islamistes de Ramadan, Ennasri, les disciples du terroriste et Frère musulman Al Qawadari. De considérer, comme elle, qu’un musulman pense que la France est un Etat « terroriste» parce qu’il est musulman et ne peut penser autrement. De considérer, comme elle, que les attentats islamistes sont la main d’une puissance obscure. D’aimer, comme elle, Dieudonné, dont on sait l’antisémitisme. D’aduler, comme elle, Iquioussen, dont on connaît les thèses absolument extrémistes et épouvantables.

Là est le piège qu’il faut démonter. Car ce piège est à double lame et l’extrême-droite identitaire et raciste espère elle aussi de toutes ses forces qu’on puisse assimiler les orientaux, les maghrébins et les musulmans à l’idée qu’on se fait de cette jeune femme en la lisant dans le texte. Déjà les sites identitaires tels que Français de souche ou Riposte laïque qui n’a de laïque que le nom s’emparent évidement de l’affaire. Nous entendons nous en emparer et ne pas laisser s’affronter une conception identitaire contre une autre au risque de morceler encore davantage la société française.

Désormais, Mennel peut toujours chanter. L’important est de savoir « d’où elle chante». Et de comprendre et faire comprendre autour de nous la théorisation de l’entrisme par la visibilité, si chère aux Frères Musulmans. Il faut se le tenir pour dit : jamais un islamiste ne se présentera autrement que comme un «musulman». Et pour ce qui est de faire de l’entrisme dans les médias, reconnaissons qu’ils sont très forts.