Rassemblement Annuel des Musulmans de France : le salon des compromissions

Organisé par l’UOIF – vitrine des Frères musulmans en France qui a habilement trusté le nom de « Musulmans de France » –, ce Rassemblement cristallise toutes les questions qui se posent en France en matière d’islam et d’islamisme.

Comment comprendre que Amar Lasfar, le président de Musulmans de France, invite à observer une minute de silence pour les victimes de terrorisme alors que les librairies du salon – qui ont d’ailleurs pignon sur rue à Paris ou à Lyon – proposent le pire de la littérature islamiste qui détaille par exemple comment tuer les homosexuels ?

Comment accepter que l’on y vende des ouvrages du négationniste Roger Garaudy ?

Comment se retrancher derrière la liberté d’expression quand de multiples albums destinés aux fillettes les incitent à porter le voile et sous-entendent ainsi que l’on ne peut être une bonne musulmane que voilée et « pudique » ?

Nous avons croisé des femmes en niqab et des petites filles voilées dont l’une ne devait pas avoir plus de 3 ans.

Comment se retrancher derrière la liberté d’expression quand des ouvrages indiquent comment « corriger » son épouse ?

Alors nous posons une question simple.

Accepter que se tienne un tel salon, accepter d’intervenir à un tel rassemblement qui diffuse ce type de littérature, est-ce être tolérant ou complice ?

Qu’un Raphaël Liogier ou un Vincent Geisser soient des habitués du Bourget ne nous étonne plus. Mais un haut-fonctionnaire ?

Didier Leschi a participé à la structuration du Conseil français du culte musulman. En 2004, il a été « chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur et reste aujourd’hui l’un des meilleurs connaisseurs des cultes au sein de la haute fonction publique. Pendant quatre ans, il a accompagné une série de mesures importantes pour le culte musulman, orientées vers la création d’un « islam de France » : création des aumôneries, d’une formation « laïque » des imams à l’université, construction des mosquées avec l’aide des mairies, tentative de mise sur pied d’une Fondation des œuvres de l’islam de France, etc. »[1] Aujourd’hui, il dirige l’Office français de l’Immigration et de l’intégration (OFII) et préside l’Institut européen en sciences des religions.

Au Ramf, il a été invité à un café-débat sur la laïcité dimanche 1er avril. Il a certes défendu l’argument d’une France tolérante et accueillante, en rappelant l’extraordinaire résilience de nos concitoyens après les attentats ou le nombre de lieux de culte musulmans en France.

Toute son intervention était destinée à montrer au public le sens et les vertus de notre laïcité qui respecte l’islam et les musulmans : charge d’aumôniers, ministres issus de l’immigration (Rachida Dati ou Najat Vallaud-Belkacem), le préfet ‘musulman’ nommé par Nicolas Sarkozy, la multiplication des lieux de culte grâce aux baux emphytéotiques, etc. Il a aussi rappelé que le premier acte du président Macron avait été de se rendre dès son élection, le 20 juin, à l’Iftar (repas de rupture du jeûne) organisé par le Conseil Français du culte musulman.[2]

On comprend la logique de l’opération séduction menée par le haut-fonctionnaire.

Mais quelle crédibilité lui accorder si ce représentant de l’Etat ne s’insurge pas et ne rappelle pas la loi quand, à quelques stands de lui, on peut lire que « l’homosexualité est un acte vicieux, une perversion de la nature, une plongée dans le cloaque et la saleté, une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité. (…) Est-ce qu’on tue l’actif ou le passif ? Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité. »[3]

On pourra nous opposer que l’on peut lire aussi des horreurs dans l’Ancien Testament. Sauf qu’en Syrie, ces préconisations ont été appliquées à la lettre par l’Etat islamique.

La résilience des Français face aux attentats est une chose. Mais jusqu’où ira leur résilience face à la compromission et la complaisance des autorités avec l’islamisme ?

#Reseau1905 vous proposera dans les jours qui viennent des reportages détaillés sur notre visite et les différentes conférences auxquelles nous avons assisté.

[1] https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Carnet/Didier-Leschi-nouveau-president-lInstitut-europeen-sciences-religions-2018-01-15-1200906035

[2] https://www.causeur.fr/emmanuel-macron-diner-cfcm-islam-145099

[3] Youssef Al-Qaradhawi, Le licite et l’illicite en islam, Paris, Ed. Al Qalam, 1992, rééd. 2005.

Dans les pas d’Arnaud Beltrame

Par Nathalie Bianco

C’est la première chose que j’ai faite ce matin, en me réveillant : J’ai allumé mon téléphone, pour prendre des nouvelles du gendarme de Trèbes. La deuxième chose que j’ai fait c’est de pleurer, des larmes de tristesse et de rage. Comme lorsque Merah a assassiné des enfants à Toulouse. J’en pleure encore, à chaque fois que j’y pense. Comme lors du massacre de Charlie, et celui de tous ces jeunes gens au Bataclan. Le vieux prêtre égorgé dans son église aussi, ça m’avait secoué, ainsi que les deux policiers de Magnanville, lardés de coup de couteau devant leur petit garçon de 3 ans. Et Nice, la belle, la promenade des anglais, le feux d’artifice, que de larmes versées en regardant les photos. Surtout celle de la petite fille sous la couverture, avec son ours en peluche.

Les deux jeunes filles égorgées sur un quai de gare à Marseille aussi, ça m’a traumatisée, parce que l’une ressemblait à ma fille, et qu’elle aurait pu être Elle, si belle, si pleine de vie, si insouciante, si loin de tout ça.

Bref, je pleure beaucoup depuis quelques années. De tristesse et de rage. Vous aussi, surement. Je n’arrêterai jamais de pleurer et d’être révoltée. Mais il y a un truc que j’ai arrêté, c’est d’allumer des bougies. De faire des coeurs avec mes doigts. De crier « au fou », au déséquilibré, à l’acte isolé d’un taré. Ça me rassurait surement, mais ce n’est pas vrai. Il n’y a pas d’actes isolés, il y a quelque chose de structuré, d’immensément dangereux qui se rapproche de nous.

J’ai arrêté aussi depuis longtemps de lire la presse « de gauche », Libération, Mediapart, les Inrocks, le Bondy Blog etc… En fait, j’ai arrêté la gauche tout court, et comme je ne me suis pas résigné à être de droite pour autant, c’est chiant. Je ne suis plus rien. Je me sens un peu orpheline. Juste trahie, depuis si longtemps. Ecoeurée par la lâcheté du pouvoir. Mais comme on est un paquet dans ce cas, je me sens moins seule. Je suis citoyenne, c’est déjà bien.

J’ai donc arrêté des trucs, et j’en ai commencé d’autre. Par ex, j’ai commencé à comprendre qu’il se rapproche de nous, dangereusement, une sorte d’Iceberg. Le haut, ce qu’on voit aujourd’hui, c’est les morts, la violence, les attentas. Ça suscite l’émotion, la peur, l’effroi. Le fond de l’iceberg, immergé, ça fait moins flipper, ça peut paraitre soft, intéressant, et même parfois assez branché et progressiste. C’est l’idée que, la France ça pourrait n’être qu’une superposition de différentes cultures, religions, un conglomérat d’identités qui cohabitent sans jamais se mêler et n’avoir rien en commun, c’est l’idée que toutes les idéologies se valent et seraient respectables, au nom d’un vivre-ensemble béat et que l’universalisme n’est rien qu’un truc dépassé et obsolète. C’est l’idée d’une société « blanche » et colonialiste, forcément coupable de tous les maux, forcément dominante et odieuse, et d’une autre société « racisée » forcément victime. Toujours victime. C’est la volonté odieuse de « nous » fractionner, de « nous » diviser, de nous dresser les uns contre les autres. Eux contre nous. Nous contre eux. « Eux », ce serait les musulmans par ex, qui, grâce aux bons soins des idéologues victimaires ultra médiatisés, se retrouvent sommés de se solidariser avec l’islamisme, sous peine de haute trahison.

« Nous » ce serait une France qui, dès lors qu’elle refuse de courber servilement l’échine sous des revendications communautaristes et religieuses, serait assimilée à une prétendue « fachosphère ».

Le fond immergé de l’Iceberg, c’est aussi tous ces irresponsables qui n’ont de cesse d’exciter une jeunesse troublée et fragile et d’appeler à la haine de la France et de ses valeurs, à casser et à brûler du flic, à cracher sur les valeurs de la république, qui n’ont de cesse de banaliser tous les marqueurs de l’islamisme et de pactiser avec le diable, du moment que ça entretient encore l’illusion.

Alors oui, je pleure encore mais pas que…
Le temps n’est plus à l’émotion.
J’ouvre les yeux aussi.

Nous avons un putain d’Iceberg à éviter, si nous ne voulons pas nous fracasser et nous noyer inéluctablement. Tous les moyens sont bons, toutes les forces sont utiles.

Nous ne serons certes pas tous des héros, comme ce vaillant gendarme qui est mort cette nuit. Mais nous pouvons tous être des combattants. Nous pouvons tous faire pression, adhérer aux associations qui se battent sur le terrain, lancer des mouvements, signer, manifester, parler, protester, témoigner, nous faire entendre.

Nous ne sommes pas obligés d’être de simples spectateurs larmoyants et impuissants, nous n’avons pas à accepter le pire avec fatalisme, à nous courber servilement devant le totalitarisme, nous avons des valeurs communes et même si elles sont malmenées et imparfaites, ça vaut la peine de se bouger un peu le cul pour les protéger. Nous pouvons nous redresser, être debout, agir en étant (un peu ) courageux.

Nous ne le serons jamais autant qu’Arnaud Beltrame, qui a sacrifié sa vie . Mais ce sera notre façon de lui rendre hommage.

Ne plus pleurer et agir.

Afrin : la photo de notre honte

Il y a plus de cinq ans, nous étions, parmi ceux qui, ne revendiquant aucune autre expertise que la raison et le doute, dénonçaient la politique française au Moyen Orient et en Syrie.

Nous disions nos doutes quant à la soi-disant armée syrienne libre. Nous disions à quel point celle-ci vectorise des groupes qui sont les frères jumeaux de DAECH.

Depuis plus de cinq ans, en notre nom et pour notre compte, nous accumulons les erreurs politiques et les fautes morales. Aujourd’hui, nous culminons vers des sommets d’indignité.

Désormais, les Français ont pour beaucoup compris ce que signifie une guerre. Ils ont compris que les Syriens ne sont pas «pro» ou « anti», mais qu’ils se battent pour leur pays en proie à l’islamisme.

Ils ont compris ce que l’islamisme instille dans la politique puis la guerre, de complexité, puis d’horreur.

Ils ont compris la signification de ce drapeau de l’armée syrienne «libre» qui flotte aux côtés du drapeau turc depuis ce matin, à Afrin.

Mais il est trop tard.

Il est trop tard pour regretter ces kilomètres de propagande, quand Alep EST était, comme Mossoul, sous le joug des islamistes. Lorsque nous en étions à soutenir dans les médias des coupeurs de têtes et des violeurs obscènes qui perdaient sous les bombes russes le pouvoir qu’ils avaient pris sur une population meurtrie. Trop tard pour regretter cette paralysie organisée des opinions publiques sur un sujet qui les engagent pour l’avenir, malgré elles. Observons bien cette photo. Gardons la en mémoire. Elle est désormais un visage de l’histoire. Elle nous fait honte.

J’ai rêvé que je regardais The Voice…

Par Nathalie Bianco

La nuit dernière j’ai fait un rêve bizarre. J’ai rêvé que je regardais The Voice (à ce stade, c’est déjà un cauchemar) et qu’une superbe jeune fille aux yeux candides interprétait un classique des Beatles. Dans mon rêve, la jeune fille portait un gros crucifix et un T-shirt marqué « I love Jesus » mais ça lui allait bien, et ça lui donnait un joli style. Pas de quoi fouetter un chat. Même s’il semblait bien qu’elle ait changé les paroles de la 2ème strophe pour en faire un chant religieux. Mais elle avait une si belle voix…

Et puis, des internautes curieux s’intéressaient au profil de la jeune fille et dénichaient sur son Facebook de curieux messages après les attentats du Bataclan et de Charlie, qui expliquaient que tout ça était la faute de l’immigration en France. On trouvait aussi des likes sur des sites d’extrême-droite, un soutien au groupuscule Civitas et un clip destiné à une campagne anti-avortement.

Dans mon rêve, de nombreuses voix s’élevaient pour protester contre la sélection de cette candidate.

Après je me suis réveillée, je ne me souviens pas de la suite. Il me semble que de bien belles âmes criaient à l’intolérance et à la stigmatisation face à quelques bêtes erreurs de jeunesse et que Libé publiait une tribune pour prôner l’ouverture d’esprit et défendre une “jeune française ordinaire”…

Mennel peut toujours chanter. L’important est de savoir « d’où elle chante »

Par Charles Meyer

Être musulman, maghrébin ou oriental, ce n’est pas kiffer Ennasri, Iquioussen, Baraka city, Havre de savoir, ce n’est pas traiter son gouvernement de «terroriste» peu après une boucherie à Nice.

Ça, c’est être islamiste.

Les associations laïques et républicaines se battent sur deux fronts. L’extrême-droite et l’islamisme, une forme nouvelle d’extrême-droite. Il n’est pas toujours évident de faire passer un message, pourtant simple : l’islamisme n’est pas l’islam et la stratégie d’entrisme des islamistes est éprouvée dans de multiples sociétés, à travers l’histoire. C’est une stratégie élaborée autour de la dissimulation et du mensonge auxquels succèdent l’entrisme et enfin, la consécration du dogme : le pouvoir.

Le cas de la chanteuse Mennel dont nous découvrions hier l’horreur des propos et le dogme islamiste en partage est typique.

Beaucoup de nos amis se sont avoués piégés. Je leur ai répondu qu’il valait mieux se faire avoir et en prendre conscience plutôt que de se laisser piéger par la haine et le racisme. Ce n’est pas évident de deviner ce qui se cache exactement derrière le projet islamiste et quelles sont ses méthodes pour amadouer les médias, la société civile et la classe politique. Il faut connaître les organisations, les étudier, décrypter leurs fonctionnement, leurs discours et la propagande sucrée de ces mouvements islamistes tels que Lallab. Tout cela prend du temps et de l’énergie et nous sommes dans la société civile une minorité croissante à nous y consacrer.

À mon sens, l’idée n’est certainement pas comme le réclament déjà plusieurs élus du FN, fidèles dans la récupération de nos malheurs, de censurer cette jeune chanteuse ou de l’empêcher de chanter. Même à « The Voice». Nous sommes dans un Etat de droit et chacun est libre de ses idées. Être islamiste n’est pas illégal. Être fasciste n’est pas illégal. C’est adhérer ou s’être fait conquérir par un dogme puissant et dangereux qui restreint partout dans le monde l’espace des libertés.

Le rappeur « Medine», le triste comique Belattar ou bien d’autres encore, véhiculent la même idéologie à combattre. Mais les censurer serait aussi productif que la censure de l’extrême droite et la diabolisation l’ont été il y a vingt ans.

En revanche, il ne faut pas, il ne faut jamais mélanger spiritualité et islamisme, religion et projet politico-religieux ou pire, origines et religion. C’est ce que cherchent les islamistes.

Il faut donc marquer les messagers ou les vecteurs inconscients d’une idéologie mortifère à la culotte. Faire savoir que cette jeune fille qui a été adulée et mise en avant par les médias, précisément pour son voile et sa religion, n’est pas et ne doit en aucun cas être le symbole d’une représentation fausse des Musulmans et des femmes musulmanes dans la Société.

Proche de Lallab, on sait qu’elle est un produit de cette Génération nouvelle de l’islamisme, dont les aspérités seront de moins en moins visibles mais le projet le même : c’est le fameux Tamkine.

Prendre cette jeune fille pour une musulmane comme une autre reviendrait à l’évidence à laisser croire qu’être musulman ou croyant, c’est forcément adhèrer, comme elle, aux thèses islamistes de Ramadan, Ennasri, les disciples du terroriste et Frère musulman Al Qawadari. De considérer, comme elle, qu’un musulman pense que la France est un Etat « terroriste» parce qu’il est musulman et ne peut penser autrement. De considérer, comme elle, que les attentats islamistes sont la main d’une puissance obscure. D’aimer, comme elle, Dieudonné, dont on sait l’antisémitisme. D’aduler, comme elle, Iquioussen, dont on connaît les thèses absolument extrémistes et épouvantables.

Là est le piège qu’il faut démonter. Car ce piège est à double lame et l’extrême-droite identitaire et raciste espère elle aussi de toutes ses forces qu’on puisse assimiler les orientaux, les maghrébins et les musulmans à l’idée qu’on se fait de cette jeune femme en la lisant dans le texte. Déjà les sites identitaires tels que Français de souche ou Riposte laïque qui n’a de laïque que le nom s’emparent évidement de l’affaire. Nous entendons nous en emparer et ne pas laisser s’affronter une conception identitaire contre une autre au risque de morceler encore davantage la société française.

Désormais, Mennel peut toujours chanter. L’important est de savoir « d’où elle chante». Et de comprendre et faire comprendre autour de nous la théorisation de l’entrisme par la visibilité, si chère aux Frères Musulmans. Il faut se le tenir pour dit : jamais un islamiste ne se présentera autrement que comme un «musulman». Et pour ce qui est de faire de l’entrisme dans les médias, reconnaissons qu’ils sont très forts.

Radicalisation de la bêtise politique contre indignation citoyenne : qui l’emportera ?

Par Charles Meyer

Ça va la descente ? Pas trop douloureux ? Et oui… Le type qu’on a élu il y a six mois se radicalise dans le déshonneur. Il faut être assez lâche pour traîner dans la boue les républicains et caresser les islamistes, de l’autre main. Quel cirque humain, tout de même. Voici que désemparés, certains font mine de découvrir que Macron est une calamité. Quand les quelques groupies sous LSD auront fui, précédés des réalistes, il ne restera que les rats, c’est à dire les convertis de la dernière heure, déjà habitués à sucer la première chaussette qu’on leur jette à la figure. Les gens bien seront ailleurs, c’est à dire comme nous, nulle part.

Depuis deux ans, nous sommes un certain nombre à penser que rien ne sera plus efficace que de retourner les armes de l’islamisme contre lui-même. Les raisons à cela sont multiples et d’une évidence élémentaire. Le champ politique est tout d’abord à l’abandon. C’est un vieux terrain en friche, délaissé depuis trop longtemps pour qu’à si peu, nous puissions le rendre praticable dans un délai raisonnable, en rapport avec l’urgence de la situation. Les rats qui infestent ce terrain vous mordent aux chevilles, tandis que la cohabitation avec les nouveaux blaireaux autochtones s’avère des plus pénibles, en attendant qu’ils deviennent, eux aussi, des rats, quand ils seront grands, affranchis et dépucelés par leurs congénères cannibales. Bref, nous avons tous croisé les mêmes profils dans l’engagement civique qui nous mène ensemble depuis des mois, avec cette sensation étrange de se retrouver de temps en temps projeté 20 ans en arrière, dans une sous-section du Parti socialiste, debout sur une chaise à hurler dans un meeting du RPR ou couché derrière un leader Maximo qui déraille tranquillement pendant que ses compagnons de route vous aboient furieusement dans les oreilles. Plantée au milieu, l’extrême-droite française les imite. Elle fait figure d’un coq rouillé. Sans doute lui aussi le coq le plus bête du monde. Ces parasites de l’avenir sont les meilleurs alliés objectifs des islamistes. Ils viennent à vous avec le sourire de Marianne et repartent le couteau du diable entre les dents. Ils prétendent lutter contre l’extrême droite d’une main et arrosent copieusement ses plantes de l’autre. Leur fumier naturel agit tranquillement et depuis Mitterrand, depuis le règne du Sphinx opiomane, rien n’a vraiment changé. Chacun dans sa petite écurie méprise les autres, qui le lui rendent bien. Ainsi vivent les rats.

Ce qui nous manque, c’est une stratégie. Il ne sert à rien de crier à la défense de principes qui sont attaqués de toutes part et en premier lieu, par ceux qui sont censés les défendre. Le projet de loi pour une « Société de confiance» et la modification qu’il institue de la Loi de 1905 sont des marqueurs beaucoup plus inquiétants que les déclarations pathétiques d’un président de la République qui aime tant stigmatiser et mentir pour traîner à terre les laïques. Macron n’a pas les moyens de faire face à l’islamisme pour une raison assez simple : il n’en n’a pas le courage. Il préférera que la terre tremble et se dérobe sous ses pieds plutôt que d’agir de manière effective contre l’islamisme. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est aussi l’entourage et la construction des idées – force d’une communication au service du temps court. «Le Maître des horloges» est une supercherie, une arnaque digne d’une analyse de BFM. Elle imite la sphinxitude mitterrandienne. Il n’y a de pouvoir que par la médiocrité des autres et tout le bateau, ivre, coule. Lors de la campagne puis, aujourd’hui, l’entourage de Macron se caractérise par sa médiocrité et n’a aucune conscience des enjeux de la question de l’islamisme. Le seul problème politique est qu’il n’a de leçon à recevoir d’aucun autre Parti d’opposition. C’est à nous de faire vivre ces questions. La sortie ubuesque de Macron n’est pas un hasard. Elle tend à démontrer que nous dérangeons beaucoup. Nous faisons du bruit parce qu’au dehors, il n’y a rien d’autre que le silence.C’est bien là que réside notre force. La société a peur de ses silences.

Nous allons nous organiser avec le temps autour d’actions et de causes. Mais le dénominateur commun dépasse le simple problème d’organisation. Nous devons faire mieux que déranger. Pour cela, il n’y a pas d’autre solution que de grandir en face des islamistes et d’utiliser les mêmes moyens. Dans les années 90, les premières campagnes islamistes en France prenaient la forme d’expéditions postales de 100, 200, parfois 500 photocopies de cartes d’électeurs. Pour obtenir une salle, une subvention, une aide, les islamistes n’hésitent plus à peser en local et même au-delà par la visibilité et la démonstration de leur poids électoral, générant le fantasme du «vote musulman» qui n’en est pas moins efficace pour obtenir ce qu’ils veulent. Lançons également nos campagnes partout, dans chaque quartier ou ville. Pour cela nous avons besoin d’être visibles. Si à l’occasion de chaque construction d’école cornique, de chaque bail emphytéotique nébuleux, de chaque action d’entrisme dans le monde associatif, nous étions visibles, ils n’entendraient que notre force. Les islamistes sont divisés sur la question du vote. Nous aussi. Mais ils savent très bien ce que représente une carte électorale, tamponnée ou non. C’est une menace et il n’y a que par le poids de la menace électorale que nous obtiendrons quelque chose des politiques. De Mélenchon à Macron, même combat.

PS : Cher Père Niel, je sais, vous savez, que Macron fera une petite déclaration « en même temps » sur la laïcité qui rassurera les plus courageux d’entre nous pendant au moins… 4 jours. Mais par pitié, épargnez moi ce cirque. D’avance, merci.

Céline Pina, poursuivie en diffamation par l’association Lallab. Judiciarisation du débat public ou confiscation du débat …

Qu’y a-t-il de commun entre Soufiane Zitouni – ex-professeur de philosophie au lycée Averroès, Mohamed Louizi – blogueur et écrivain, Pascal Bruckner – essayiste, Jeannette Bougrab – ancienne secrétaire d’Etat et essayiste, Georges Bensoussan – historien et responsable au Mémorial de la Shoah, ou Ahmed Meguini – blogueur et président-fondateur de LaïcArt ?

Tous sont des universalistes, des républicains et défendent la laïcité. Tous dénoncent la montée de l’antisémitisme et de l’islamisme dans notre pays. Et tous se sont retrouvés devant des tribunaux pour répondre aux accusations de diffamation ou d’incitation à la haine raciale. Qui a saisi la justice pour ces motifs ? Amar Lasfar – ancien président de l’UOIF, Marwan Muhammad – ancien président du CCIF, les Indivisibles (dont Rokayah Diallo est fondatrice), le Parti des Indigènes de la République (PIR) et Jacques Parent – ancien maire PS.

Tous les prévenus ont été relaxés. A chaque fois, la justice a souligné le droit fondamental à la liberté d’expression, c’est à dire la légitimité de la polémique, du débat, de l’exercice de l’esprit critique. Un tribunal n’a pas à dire si une idée, une thèse, un essai, un article, une phrase sont justes ou bancals. En revanche, il doit juger s’il y a diffamation ou intention de provoquer la haine raciale. Rappelons ici notre consternation qu’on ait pu amener une juridiction à disserter sur le fait de savoir si l’expression ‘nourri à la mamelle de la haine’ antisémite équivalait à l’expression ‘téter le lait de l’antisémitisme au sein de sa mère’, au procès de Georges Bensoussan en janvier dernier…

Un tribunal n’est pas le lieu où l’on débat, où l’on valide une thèse ou une pensée, où on la met en doute. Que les idées fassent consensus ou suscitent la controverse est le propre d’une saine société démocratique, comme l’a rappelé à de nombreuses reprises la Cour Européenne des droits de l’homme.

Comment donc appeler ce déferlement de procès qui touchent des personnalités qui ne font qu’exercer leur droit le plus strict de s’exprimer ?

Un procès, même s’il est gagné, a un coût. Mohamed Louizi précise qu’en deux ans, ses frais d’avocat se sont élevés à 19 000 €. On mesure parfaitement les conséquences qui guettent ceux qui commettent des Tweets ou des articles dont le seul tort est de déplaire à d’autres. Saluons d’ailleurs la pugnacité de Mohamed Louizi qui, malgré quatre procès, est déterminé à ne pas se taire. Car la menace qui sourd derrière ces tracas judiciaires, c’est l’autocensure. Par crainte d’un procès, essayistes, blogueurs et intellectuels, pourraient renoncer à s’exprimer sur l’islamisme et le nouvel antiracisme.

Aujourd’hui, nous apprenons que l’association Lallab poursuit Céline Pina – essayiste et co-fondatrice de Viv(r)e La République – pour diffamation suite à un article paru dans le FigaroVox[1], il y a maintenant presque trois mois. Est reproché à Céline Pina le choix du mot ‘islamiste’ à propos de cette association. Rappelons que Lallab, qui se dit féministe et défend le symbole de l’impureté et de l’infériorité des femmes – le voile – au nom de la liberté, se réfère à deux figures musulmanes, l’une proche de Tariq Ramadan, l’autre membre du parti islamiste Ennahda en Tunisie[2].

En attaquant les défenseurs de la laïcité et des valeurs républicaines, le djihad judiciaire cherche à fragiliser ce qui nous tient. En cherchant à faire taire ces voix, c’est la République que l’on cherche à affaiblir.

C’est donc à chaque citoyen de prendre conscience de ce qui est en jeu. S’exprimer, utiliser la liberté d’expression devient un devoir ; celui de défendre cette liberté fondamentale en l’exerçant pleinement. Et sans subir les intimidations et les abus du droit d’ester en justice de ceux qui utilisent le recours aux tribunaux pour faire taire les démocrates et les républicains.

LaïcArt tenait à exprimer tout son soutien et sa solidarité à Céline Pina, et à l’assurer de sa détermination à poursuivre avec elle et son association amie ses objectifs communs.

[1] http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/08/23/31003-20170823ARTFIG00098-celine-pina-l-etat-doit-denoncer-clairement-l-association-lallab-laboratoire-de-l-islamisme.php

[2] http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/11198