Communiqué

La polémique qui est née depuis quelques jours de la publication d’un tweet par Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, a conduit de fil en aiguille à dévoiler le contexte dans lequel une mosquée fréro-salafiste située à Mitry-Mory en Seine-et-Marne, a pu bénéficier de multiples appuis, dont ceux de partenaires dudit l’Observatoire de la laïcité.
Ces faits sont extrêmement graves et méritent que l’on s’y attarde.
A titre préliminaire, entendons-nous tout de suite sur ce qu’il s’agit de pointer du doigt : chacun est responsable de ses actes. L’Observatoire de la laïcité, n’est évidemment pas impliqué dans le financement de cette mosquée.
Ce qui en revanche pose problème, est la participation et l’implication directe de certains des partenaires habituels de l’Observatoire, dans une action de financement de cette mosquée dite « des Lumières », qui s’avère être en réalité un projet pilote de centre socioculturel et cultuel, dont l’ambition est d’ancrer dans la cité l’idéologie des Frères musulmans, bien au-delà de la seule prière.
Il faut pour prendre la juste mesure des choses, rappeler que le compte Facebook de cette mosquée diffusait encore, le 17 mai dernier, une intervention du cheikh mauritanien Mohamed Hassan Dedew, bien connu pour ses appels au djihad armé, son antisémitisme, et ses tutoriels expliquant par le détail comment un homme a l’obligation de battre sa femme et de quelle manière il doit s’y prendre. Dedew, comme son mentor Youssef Al Qaradawi, appartient à l’Union mondiale des savants musulmans, organisme éminemment fréro-salafiste. Il participe à la diffusion en Afrique et dans le monde, de l’idéologie à l’origine du terrorisme et des actions d’horreur dans lesquelles tombent nos soldats et nos concitoyens, en justifiant religieusement les attentats suicide. Ces faits sont publics et si le Centre des Lumières s’est aussitôt empressé de supprimer ses publications, celles-ci ont été photographiées et filmées par des centaines de citoyens éberlués de constater qu’il était possible de diffuser en toute impunité les interventions d’un tel personnage.

Capture d’écran de la conférence publiée le 17 mai sur la page du « Centre des Lumières » intervention de Cheikh Dedew

Il faut également, pour comprendre de quoi l’on parle, souligner que la mosquée ou « Centre des Lumières » dont il s’agit, invite régulièrement toute la sphère fréro-salafiste, de messieurs Iquioussen, pour qui les attentats sont des «pseudo attentats », jusqu’à Mohamed Bajrafil, disciple du susnommé Youssef Al Qaradawi, lequel encourage et justifie lui-même le terrorisme, l’élimination des juifs, et qui est même allé jusqu’à se demander publiquement, qui du passif ou de l’actif doit être châtié pour éradiquer l’homosexualité de la planète. Mohamed Bajrafil était d’ailleurs présent à cette soirée de levée de fonds, tout sourire. Pour mémoire, celui-ci n’avait pas hésité à prendre la défense de son mentor Qaradawi, y compris s’agissant de ses envolées antisémites, dont Bajrafil n’hésite pas à minimiser la portée. Encore une fois, ces faits sont publics.

Hassan Iquioussen


Par conséquent, voir madame Rose Ameziane – qui est la présidente de l’association ETIC, partenaire officiel de l’Observatoire de la laïcité, en charge d’une mission au nom et pour le compte du gouvernement -, oeuvrer activement au financement de cette mosquée, en allant jusqu’à co-animer une soirée de gala, en novembre 2016, dont l’objet affiché était la récolte de fonds pour ce centre qui contribue à diffuser en France la doctrine de Al Qaradawi et de Dedew, pose un sérieux problème, qui dépasse largement celui du strict cadre de la laïcité.

Rose Ameziane au dîner de gala, capture d’écran video


Lorsque, par ailleurs, on apprend que l’association Coexister, un des principaux partenaires de l’Observatoire de la laïcité, laquelle intervient quotidiennement dans nos écoles, nos collèges et lycées, ainsi que dans les administrations et les entreprises publiques, a également participé activement, par la voix de sa vice-présidente d’alors, à cette soirée de levée de fonds, cela pose encore un très sérieux problème.
Quand on découvre que le recteur de la mosquée de Mitry-Mory et un des principaux intervenants dans cette levée de fonds aux côtés de madame Ameziane et de Coexister, n’est autre qu’Omar Dourmane, on ne peut qu’être scandalisés. Rose Ameziane, représentante de ETIC, et Coexister collaborent très officiellement et régulièrement avec l’Observatoire de la laïcité dans le cadre de partenariats et bénéficient du soutien de cette émanation du gouvernement en charge de défendre le principe de laïcité, et de conseiller le Premier ministre sur cette question.
Ici encore, il est totalement impossible de passer sous silence le profil d’Omar Dourmane, que cette mosquée présente elle-même comme membre de l’Union mondiale des savants musulmans, précisément, l’organisation précitée, dont les éminents membres sont Youssef Al Qaradawi et Mohamed Hassan Dedew.
Il suffit de se pencher sur les écrits de cet homme qui se présente comme « professeur des sciences islamiques » et qui officie en tant qu’imam dans de nombreuses mosquées de la région parisienne :
« (…) un croyant ne devrait pas tuer un croyant sauf en cas d’erreur ».
« il n’y a pas de religion établie sans la présence d’êtres humains et seulement de ceux qui sont religieux »
« il n’est pas permis à une personne de tuer un être humain sans culpabilité ni preuve d’un livre clair ».
Bref, on est ici bien loin de la façade que ce centre affiche et qui lui permet de donner le change, en prétendant contribuer – le comble – à la promotion des valeurs républicaines.
Ce qui est marquant dans cette affaire, est qu’elle est emblématique de l’ensemble des dysfonctionnements que nous dénonçons depuis quatre ans et que d’autres avant nous dénonçaient déjà.

Dans cette séquence, tout ou presque est là : clientélisme effréné d’une élue locale et de sa majorité qui aboutit à l’acquisition d’un terrain de plus de 10.500 mètres carrés – situé à proximité de l’aéroport de Roissy – pour la somme dérisoire de 800.000 euros ; encouragements d’acteurs institutionnels comme la préfecture de Seine-et-Marne, qui de l’aveu des organisateurs de cette soirée de gala, demande à cette mosquée de conseiller les autres dans la gestion de leurs projets ; aide financière ou indirecte apportée par des entreprises publiques ou para-publiques, comme ici encore de l’aveu même des initiateurs du projet, cela a été le cas de Keolis, dont on rappellera que les actionnaires majoritaires sont la SNCF et la RATP.
Le vivre-ensemble, concept dont nous contestons la pertinence à #Reseau1905, de même que le multiculturalisme, le coexistentialisme, démontrent à l’épreuve des faits que loin d’être des défenses utiles au service de la paix et de l’harmonie de la collectivité, se révèlent en réalité comme de terribles armes par destination, qui se retournent invariablement contre ce que nous avons de plus cher.
Car à n’en pas douter, si la laïcité et le souci de préserver les valeurs republicaines n’avaient pas été dévoyés dans cette affaire, jamais une telle situation n’aurait été rendue possible.
Au regard de la gravité de ces faits, nous demandons à Madame la ministre déléguée Marlène Schiappa, à Monsieur le Premier ministre Jean Castex, ainsi qu’à Monsieur le président de la République Emmanuel Macron, de condamner sans réserve la promotion d’idéologies aussi mortifères, et nous leur demandons, pour ce faire, d’exiger de l’Observatoire de la laïcité qu’il mette immédiatement un terme aux partenariats qu’il souscrit avec l’association Coexister et l’association ETIC. C’est le minimum.
Dans les jours à venir, nous adresserons très officiellement un courrier en ce sens à l’attention de ces ministres et du président de la République. Ce courrier sera accompagné de l’ensemble des éléments venant à son appui et qui ont d’ores et déjà été rendus publics. Il sera publié à l’attention de tous. Il en va désormais de la confiance que portent les citoyens dans les institutions de la République.

Cheikh Dedew

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