Radicalisation de la bêtise politique contre indignation citoyenne : qui l’emportera ?

Par Charles Meyer

Ça va la descente ? Pas trop douloureux ? Et oui… Le type qu’on a élu il y a six mois se radicalise dans le déshonneur. Il faut être assez lâche pour traîner dans la boue les républicains et caresser les islamistes, de l’autre main. Quel cirque humain, tout de même. Voici que désemparés, certains font mine de découvrir que Macron est une calamité. Quand les quelques groupies sous LSD auront fui, précédés des réalistes, il ne restera que les rats, c’est à dire les convertis de la dernière heure, déjà habitués à sucer la première chaussette qu’on leur jette à la figure. Les gens bien seront ailleurs, c’est à dire comme nous, nulle part.

Depuis deux ans, nous sommes un certain nombre à penser que rien ne sera plus efficace que de retourner les armes de l’islamisme contre lui-même. Les raisons à cela sont multiples et d’une évidence élémentaire. Le champ politique est tout d’abord à l’abandon. C’est un vieux terrain en friche, délaissé depuis trop longtemps pour qu’à si peu, nous puissions le rendre praticable dans un délai raisonnable, en rapport avec l’urgence de la situation. Les rats qui infestent ce terrain vous mordent aux chevilles, tandis que la cohabitation avec les nouveaux blaireaux autochtones s’avère des plus pénibles, en attendant qu’ils deviennent, eux aussi, des rats, quand ils seront grands, affranchis et dépucelés par leurs congénères cannibales. Bref, nous avons tous croisé les mêmes profils dans l’engagement civique qui nous mène ensemble depuis des mois, avec cette sensation étrange de se retrouver de temps en temps projeté 20 ans en arrière, dans une sous-section du Parti socialiste, debout sur une chaise à hurler dans un meeting du RPR ou couché derrière un leader Maximo qui déraille tranquillement pendant que ses compagnons de route vous aboient furieusement dans les oreilles. Plantée au milieu, l’extrême-droite française les imite. Elle fait figure d’un coq rouillé. Sans doute lui aussi le coq le plus bête du monde. Ces parasites de l’avenir sont les meilleurs alliés objectifs des islamistes. Ils viennent à vous avec le sourire de Marianne et repartent le couteau du diable entre les dents. Ils prétendent lutter contre l’extrême droite d’une main et arrosent copieusement ses plantes de l’autre. Leur fumier naturel agit tranquillement et depuis Mitterrand, depuis le règne du Sphinx opiomane, rien n’a vraiment changé. Chacun dans sa petite écurie méprise les autres, qui le lui rendent bien. Ainsi vivent les rats.

Ce qui nous manque, c’est une stratégie. Il ne sert à rien de crier à la défense de principes qui sont attaqués de toutes part et en premier lieu, par ceux qui sont censés les défendre. Le projet de loi pour une « Société de confiance» et la modification qu’il institue de la Loi de 1905 sont des marqueurs beaucoup plus inquiétants que les déclarations pathétiques d’un président de la République qui aime tant stigmatiser et mentir pour traîner à terre les laïques. Macron n’a pas les moyens de faire face à l’islamisme pour une raison assez simple : il n’en n’a pas le courage. Il préférera que la terre tremble et se dérobe sous ses pieds plutôt que d’agir de manière effective contre l’islamisme. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est aussi l’entourage et la construction des idées – force d’une communication au service du temps court. «Le Maître des horloges» est une supercherie, une arnaque digne d’une analyse de BFM. Elle imite la sphinxitude mitterrandienne. Il n’y a de pouvoir que par la médiocrité des autres et tout le bateau, ivre, coule. Lors de la campagne puis, aujourd’hui, l’entourage de Macron se caractérise par sa médiocrité et n’a aucune conscience des enjeux de la question de l’islamisme. Le seul problème politique est qu’il n’a de leçon à recevoir d’aucun autre Parti d’opposition. C’est à nous de faire vivre ces questions. La sortie ubuesque de Macron n’est pas un hasard. Elle tend à démontrer que nous dérangeons beaucoup. Nous faisons du bruit parce qu’au dehors, il n’y a rien d’autre que le silence.C’est bien là que réside notre force. La société a peur de ses silences.

Nous allons nous organiser avec le temps autour d’actions et de causes. Mais le dénominateur commun dépasse le simple problème d’organisation. Nous devons faire mieux que déranger. Pour cela, il n’y a pas d’autre solution que de grandir en face des islamistes et d’utiliser les mêmes moyens. Dans les années 90, les premières campagnes islamistes en France prenaient la forme d’expéditions postales de 100, 200, parfois 500 photocopies de cartes d’électeurs. Pour obtenir une salle, une subvention, une aide, les islamistes n’hésitent plus à peser en local et même au-delà par la visibilité et la démonstration de leur poids électoral, générant le fantasme du «vote musulman» qui n’en est pas moins efficace pour obtenir ce qu’ils veulent. Lançons également nos campagnes partout, dans chaque quartier ou ville. Pour cela nous avons besoin d’être visibles. Si à l’occasion de chaque construction d’école cornique, de chaque bail emphytéotique nébuleux, de chaque action d’entrisme dans le monde associatif, nous étions visibles, ils n’entendraient que notre force. Les islamistes sont divisés sur la question du vote. Nous aussi. Mais ils savent très bien ce que représente une carte électorale, tamponnée ou non. C’est une menace et il n’y a que par le poids de la menace électorale que nous obtiendrons quelque chose des politiques. De Mélenchon à Macron, même combat.

PS : Cher Père Niel, je sais, vous savez, que Macron fera une petite déclaration « en même temps » sur la laïcité qui rassurera les plus courageux d’entre nous pendant au moins… 4 jours. Mais par pitié, épargnez moi ce cirque. D’avance, merci.

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