Rassemblement Annuel des Musulmans de France : le salon des compromissions

Organisé par l’UOIF – vitrine des Frères musulmans en France qui a habilement trusté le nom de « Musulmans de France » –, ce Rassemblement cristallise toutes les questions qui se posent en France en matière d’islam et d’islamisme.

Comment comprendre que Amar Lasfar, le président de Musulmans de France, invite à observer une minute de silence pour les victimes de terrorisme alors que les librairies du salon – qui ont d’ailleurs pignon sur rue à Paris ou à Lyon – proposent le pire de la littérature islamiste qui détaille par exemple comment tuer les homosexuels ?

Comment accepter que l’on y vende des ouvrages du négationniste Roger Garaudy ?

Comment se retrancher derrière la liberté d’expression quand de multiples albums destinés aux fillettes les incitent à porter le voile et sous-entendent ainsi que l’on ne peut être une bonne musulmane que voilée et « pudique » ?

Nous avons croisé des femmes en niqab et des petites filles voilées dont l’une ne devait pas avoir plus de 3 ans.

Comment se retrancher derrière la liberté d’expression quand des ouvrages indiquent comment « corriger » son épouse ?

Alors nous posons une question simple.

Accepter que se tienne un tel salon, accepter d’intervenir à un tel rassemblement qui diffuse ce type de littérature, est-ce être tolérant ou complice ?

Qu’un Raphaël Liogier ou un Vincent Geisser soient des habitués du Bourget ne nous étonne plus. Mais un haut-fonctionnaire ?

Didier Leschi a participé à la structuration du Conseil français du culte musulman. En 2004, il a été « chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur et reste aujourd’hui l’un des meilleurs connaisseurs des cultes au sein de la haute fonction publique. Pendant quatre ans, il a accompagné une série de mesures importantes pour le culte musulman, orientées vers la création d’un « islam de France » : création des aumôneries, d’une formation « laïque » des imams à l’université, construction des mosquées avec l’aide des mairies, tentative de mise sur pied d’une Fondation des œuvres de l’islam de France, etc. »[1] Aujourd’hui, il dirige l’Office français de l’Immigration et de l’intégration (OFII) et préside l’Institut européen en sciences des religions.

Au Ramf, il a été invité à un café-débat sur la laïcité dimanche 1er avril. Il a certes défendu l’argument d’une France tolérante et accueillante, en rappelant l’extraordinaire résilience de nos concitoyens après les attentats ou le nombre de lieux de culte musulmans en France.

Toute son intervention était destinée à montrer au public le sens et les vertus de notre laïcité qui respecte l’islam et les musulmans : charge d’aumôniers, ministres issus de l’immigration (Rachida Dati ou Najat Vallaud-Belkacem), le préfet ‘musulman’ nommé par Nicolas Sarkozy, la multiplication des lieux de culte grâce aux baux emphytéotiques, etc. Il a aussi rappelé que le premier acte du président Macron avait été de se rendre dès son élection, le 20 juin, à l’Iftar (repas de rupture du jeûne) organisé par le Conseil Français du culte musulman.[2]

On comprend la logique de l’opération séduction menée par le haut-fonctionnaire.

Mais quelle crédibilité lui accorder si ce représentant de l’Etat ne s’insurge pas et ne rappelle pas la loi quand, à quelques stands de lui, on peut lire que « l’homosexualité est un acte vicieux, une perversion de la nature, une plongée dans le cloaque et la saleté, une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité. (…) Est-ce qu’on tue l’actif ou le passif ? Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité. »[3]

On pourra nous opposer que l’on peut lire aussi des horreurs dans l’Ancien Testament. Sauf qu’en Syrie, ces préconisations ont été appliquées à la lettre par l’Etat islamique.

La résilience des Français face aux attentats est une chose. Mais jusqu’où ira leur résilience face à la compromission et la complaisance des autorités avec l’islamisme ?

#Reseau1905 vous proposera dans les jours qui viennent des reportages détaillés sur notre visite et les différentes conférences auxquelles nous avons assisté.

[1] https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Carnet/Didier-Leschi-nouveau-president-lInstitut-europeen-sciences-religions-2018-01-15-1200906035

[2] https://www.causeur.fr/emmanuel-macron-diner-cfcm-islam-145099

[3] Youssef Al-Qaradhawi, Le licite et l’illicite en islam, Paris, Ed. Al Qalam, 1992, rééd. 2005.

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